L’émission télévisée «al-Massafa Sifr» (la distance zéro) , diffusée dimanche sur la chaîne d’information «al-Jazeera» a révélé des détails inédits, au sujet des fronts de combats qui font rage aux alentours de Tripoli, la capitale libyenne.

Infiltrant le camp des troupes du général à la retraite Khalifa Haftar, à «Benghazi», elle s’intéressa à la façon de leur approvisionnement en équipements militaires par l’’Égypte et des Émirats arabes unis (EAU).

L’équipe de l’émission a pu obtenir un document secret du ministère égyptien des Affaires étrangères, datant du 26 mai 2017, prouvant que Khalifa Haftar s’appuyait sur des fractions soudanaises, et indiquant que le président tchadien avait mis Haftar en garde contre l’exploitation de tels combattants.

Le document révéla également, que le ministre tchadien des Affaires étrangères, à l’époque «Hussein Taha», avait déclaré que «ces combattants soudanais auraient secrètement ramené des équipements militaires du sud libyen vers le Soudan», et signala que leur engagement était une grave erreur commise par Haftar.

L’Égypte construit une route directe vers la Libye     

Selon «al-Massafa Sifr», le 23 avril 2019, soit après que Haftar ait lancé son offensive contre Tripoli, les satellites avaient détecté un rassemblement militaire important, dans un camp près de la ville égyptienne «al-Salloum», la porte principale vers l’est libyen.

Une équipe d’analyses satellitaires avait également localisé une nouvelle route, reliant la base militaire égyptienne «Othmane» à la ville de l’est libyen «Tobrok», à travers l’oasis libyenne «Jagboub».

De son côté, un document divulgué par les services de renseignements militaires égyptiens a prouvé le soutien que fournissait le Caire à Haftar, et ce à travers un état des lieux, livré au chef d’état-major égyptien à l’époque «Mahmoud Hijazi», concernant l’entraînement militaire de combattants des troupes de Haftar, sous la supervision des Russes, dans un camp à «Salloum», entre février et mai 2017.

Par ailleurs, l’équipe de l’émission a pu intercepté un avion de transport militaire, de soutien logistique, et de services de renseignement de type «C-130», appartenant aux Forces aériennes égyptiennes, alors qu’il quittait les airs libyens le 18 juin dernier, semblant être arrivée de la base militaire de «Tamhent», contrôlée par Haftar, notant qu’il avait été vu, quatre fois le même mois, en mode camouflage.

Le soutien des EAU

Au sujet de l’implication des EAU, «al-Massafa Sifr» prouva que des drones émiratis de type «Wing Loong», avaient joué un rôle principale dans le conflit libyen, et ce, six mois après le lancement de l’offensive armée contre Tripoli.

Elle nota, dans ce sujet, que la frappe lancée par les milices de Haftar, contre la ville du sud-ouest libyen «Murzegu», où 40 personnes avaient trouvé la mort, avait été menée par un drone fabriqué en Chine et venu des EAU, indiquant «qu’en plus des missions de reconnaissance, qu’ils accomplissaient, les drones émiratis avaient été équipés de divers types d’explosifs, afin de détruire les cibles aériennes et celles au sol».

Le GNA avait déjà dénoncé l’implication des EAU

Le 26 juillet 2019, les avions du Gouvernement d’union nationale (GNA) avaient menées des raids intensifs sur la base aérienne d’«al-Jafra», contrôlée par les milices de Haftar au centre du pays, du fait qu’elle était le point du lancement de leurs attaques, déclarant «avoir ciblé des drones «Wing Loong» et des avions de transport d’armes et de mercenaires», selon le communiqué diffusé.

Suite à sa découverte, le GNA déposa une plainte au Conseil de sécurité nationale, contre les EAU les accusant «d’hostilité, et de soutien aux coup d’état comploté contre un gouvernement légitime».

Toutefois, il convient d’expliquer que la Libye flotte sur la réserve pétrolière la plus importante en Afrique, ce qui fit d’elle une source d’enjeux internationaux, où les pays étrangères se bousculent pour obtenir leur part d’intérêts économiques et stratégiques.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here