Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des hashtags « Mouvement_du_22_mars », « Partez tous ! », ou du slogan « Nous sommes unis, ils sont finis ».

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d’un parapluie et de l’orner du drapeau national – vert et blanc frappé de l’étoile et du croissant rouges –, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

« Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika », indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également « les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (…) leur ingérence ».

Les manifestations, sans précédent depuis l’élection d’Abdelaziz Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger

le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que le président algérien remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d’une présidentielle dont la date n’a pas encore été fixée.

En reportant le 11 mars l’élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu’à l’issue d’une conférence nationale chargée, à une date non précisée, de réformer le pays et de le doter d’une nouvelle Constitution, le chef de l’État a prolongé d’autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, affaibli par les séquelles d’un AVC qui, depuis 2013, l’empêchent de s’adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques, refuse de céder le pouvoir et le « prolongement » du mandat a continué d’être largement rejeté.

Étudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Des fissures de plus en plus grandes chez les soutiens de Bouteflika

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de « technocrates » semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l’attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s’élargir parmi ceux qui, il y a à peine plus d’un mois, étaient les plus fervents partisans d’un cinquième mandat du chef de l’État, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN),en assurant que l’ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, « soutient le mouvement » de contestation, tout en prônant le « dialogue » proposé par le chef de l’État.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s’était « trompé » en soutenant la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Plus grave, il a accusé des « forces non constitutionnelles » de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide « réellement » à la présidence. Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants au président Bouteflika.

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