L’enquêtrice spéciale de l’ONU Agnès Callamard a affirmé dans un entretien avec Al-Jazeera que le prince héritier Mohammed Ben Salmane ne veut pas assumer la responsabilité du meurtre de Khashoggi, ajoutant que la justice saoudienne n’est pas indépendante.

Callamard a fait observer que Ben Salmane lors de son entretien avec le programme « 60 minutes » diffusé sur la chaîne américaine « CBS » n’a pas reconnu sa responsabilité dans le crime, mais il s’est contenté seulement de dire que sa responsabilité vient du fait que le crime a eu lieu sous son règne.

Elle a considéré qu’il ne faut pas se limiter à se demander si le prince a donné l’ordre d’exécuter le crime ou non, mais de chercher à savoir si Ben Salmane a encouragé ce crime, s’il a créé les conditions nécessaires ou s’il a adopté les politiques qui ont facilité son exécution. « Il faut également voir si Ben Salmane était au courant du plan du crime et s’il n’a pas réagi pour l’empêcher », a-t-elle souligné.

L’enquêtrice spéciale de l’ONU a également déclaré: « on ne peut pas faire confiance à la justice saoudienne pour rendre justice à Khashoggi car elle n’est pas indépendante des interventions des autorités », soulignant la nécessité de chercher d’autres systèmes et acteurs pour obtenir justice.

Le 19 juin passé, l’enquêtrice spéciale de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard avait publié un rapport de 101 pages dans lequel elle affirme avoir des « preuves crédibles » qui exigent l’ouverture d’une enquête internationale avec de hauts responsables saoudiens dont le prince héritier Mohammed Ben Salmane autour de leur implication dans le meurtre de Khashoggi.

Par ailleurs, la baronne britannique Helena Kennedy qui a écouté l’enregistrement des derniers instants de la vie de Khashoggi a déclaré à BBC: « l’horreur d’écouter l’assassinat de quelqu’un, et sentir la peur dans sa voix feront trembler ton corps ». Elle a ajouté: « il ne fait aucun doute que ce crime a été organisé au plus haut niveau dans le royaume ».

La baronne a enchaîné: « ils attendaient le journaliste saoudien dans le consulat saoudien à Istanbul, tout en étant conscient qu’ils vont le tuer et le découper en morceaux. Vous pouvez entendre leurs rires ».

Kennedy a affirmé que le meurtre a été commis sous la supervision de Maher al-Matreb qui est proche au prince héritier Mohammed Ben Salmane, ajoutant que Salah al-Tabiqi a reçu les instructions de découper le corps d’al-Matreb. « Peu avant l’exécution du crime, les deux hommes parlaient de la victime en la qualifiant du « mouton de l’Aïd », j’ai entendu Khashoggi demander s’ils vont le kidnapper, et il s’indignait comment cela peut arriver dans un consulat ».

Il est à rappeler que le célèbre journaliste Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre 2018 par un commando saoudien composé de 15 personnes qui l’ont brutalement découpé en morceaux avec une tronçonneuse à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul. Un crime qui a secoué l’opinion publique mondiale laquelle exige toujours la traduction en justice des assassins.

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