mercredi, décembre 2, 2020

Callamard: l’Arabie saoudite est responsable du meurtre de Khashoggi

Courrier arabe

Lors d’une conférence organisée à Washington par le Brookings Institution, un cercle de réflexion américain, l’enquêtrice spéciale des Nations Unis sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard a indiqué que l’Arabie saoudite est responsable du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en le qualifiant de : « crime d’État ».

Elle a expliqué: « j’ai pris au sérieux la vision et les positions de l’Arabie saoudite envers cette affaire, mais la seule conclusion à laquelle j’ai abouti est qu’en vertu du droit international, l’Arabie saoudite en tant qu’État est responsable du meurtre de Khashoggi ».

Callamard a affirmé que l’Arabie saoudite n’a pas réussi à identifier la responsabilité individuelle à travers la chaîne du commandement, signalant que le régime saoudien est hautement centralisé ce qui suscite des inquiétudes à propos d’une réelle identification des auteurs du meurtre.

Elle a ajouté que le procès pénal en Arabie saoudite n’est pas conforme aux critères exigés. L’experte française poursuit: « al-Qahtani n’a pas été soumis au procès qui se déroule à huit clos. L’Arabie saoudite insiste sur le fait que l’affaire de Khashoggi est purement interne. Cela se comprend lorsque l’on sait que les circonstances du procès sont contraires au droit international ».

L’enquêtrice a souligné: « deux assassins ont utilisé des passeports diplomatiques et un avion diplomatique. De plus, le meurtre a été commis à l’intérieur du consulat et le consul a utilisé les pouvoirs publics pour entraver l’enquête ».

Callamard a insisté sur le fait qu’elle détient suffisamment d’informations pour déduire que « des responsables saoudiens ont nettoyé le site du crime avant de permettre aux autorités turcs d’y entrer ».

Il est à rappeler que Khashoggi a été tué par un commando saoudien le 2 octobre 2018 à l’intérieur du consulat de Riyad à Istanbul. Un crime qui a secoué l’opinion publique mondiale laquelle exige toujours la traduction en justice des assassins.

Le 19 juin passé, l’enquêtrice spéciale de l’ONU avait publié un rapport de 101 pages dans lequel elle affirme avoir des «preuves crédibles» qui exigent l’ouverture d’une enquête internationale avec de hauts responsables saoudiens dont le prince héritier Mohammed Ben Salmane autour de leur implication dans le meurtre de Khashoggi.

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