Des Vénézuéliens rentrent au pays après les promesses d’aides du président

Un total de 97 Vénézuéliens, sur le demi-million arrivés au Pérou après avoir fui la crise économique au Venezuela, ont décidé de retourner chez eux dans un avion envoyé lundi par le gouvernement de Nicolas Maduro.
Ce groupe de Vénézuéliens, dont 22 enfants et quatre femmes enceintes, bénéficie du plan gouvernemental vénézuélien « Retour à la patrie », a raconté à l’AFP l’un d’entre eux, Miguel Materano, 42 ans. « Je vais chercher un travail là-bas (au Venezuela), le gouvernement a promis qu’il allait nous aider », a-t-il ajouté, précisant qu’il avait décidé de rentrer chez lui à cause de sa « mauvaise situation ici au Pérou et de la xénophobie » vis-à-vis des migrants vénézuéliens.
L’avion, appartenant à la compagnie d’Etat vénézuélienne Conviasa devait décoller après 18 heures locales de l’aéroport international de Lima, pour un vol de cinq heures jusqu’à Caracas, au Venezuela. « Au revoir le Pérou », ont scandé les passagers en entrant dans les bureaux d’immigration et de contrôle de sécurité du terminal avant de monter à bord de leur vol. Le groupe de Vénézuéliens a dormi dimanche dans un hôtel proche de l’ambassade du Venezuela à Lima, où ils ont été nourris et ont été pris en charge médicalement, a déclaré un fonctionnaire de l’ambassade vénézuélienne qui a requis l’anonymat, à l’attention des journalistes présents à l’aéroport.

Plan politique de Maduro ?
Vendredi, le ministre de la communication du Venezuela, Jorge Rodríguez, avait assuré que les compatriotes ayant abandonné le pays « reviendront » après les récentes réformes économiques adoptées la semaine dernière par le gouvernement de Nicolas Maduro pour lutter contre l’hyperinflation, que le Fonds monétaire international (FMI) estime à 1 000 000 % pour 2018.
« Je n’ai pas le moindre doute que ce vol (…) fait partie d’une manœuvre politique dirigée par Nicolas Maduro lui-même, qui cherche uniquement à discréditer la diaspora vénézuélienne au Pérou », a déclaré à l’AFP Oscar Perez, qui dirige un groupe de Vénézuéliens à Lima. Il craint une instrumentalisation de ces retours au pays : « Nous verrons dans les prochains jours Nicolas Maduro à la radio et à la télévision racontant (…) que le Pérou nous traite mal ».
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), sur les 2,3 millions de Vénézuéliens (7 % de la population totale) vivant à l’étranger, depuis 2015, plus de 1,6 million ont fui leur pays en proie à une crise économique et politique.
Quatre-vingt-dix pour cent d’entre eux se sont réfugiés dans les pays voisins, pour échapper au manque de médicaments et de biens de premières nécessités, et au coût de la vie élevé.
Passeport et statut de réfugié
Un grand nombre de Vénézuéliens s’est réfugiée au Brésil, où la population locale a eu des réactions xénophobes, et, selon des chiffres officiels, plus de 400 200 d’entre eux se trouvent au Pérou – en 2016, seuls 6 615 Vénézuéliens résidaient dans ce pays.
Face à cet afflux massif, Lima a décidé samedi d’exiger leurs passeports, autorisant toutefois l’entrée des femmes enceintes, des personnes de plus de 70 ans, et d’enfants venus rejoindre leurs parents, à condition qu’ils demandent le statut de réfugié dès leur arrivée.
La demande du statut de réfugié permet aux Vénézuéliens de rester légalement au Pérou et d’y exercer un emploi, en attendant une solution définitive à leur situation.

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