mardi, octobre 27, 2020

En meeting électoral, Boris Johnson se pose en sauveur du Brexit

Ce sera sans aucun doute le principal argument de campagne de Boris Johnson jusqu’aux élections législatives du 12 décembre. À l’occasion de son premier meeting, le Premier ministre a invité ceux qui veulent un Brexit à voter pour les conservateurs. Il n’a pas hésité à railler les atermoiements sur ce sujet hautement clivant de son rival travailliste qu’il a comparé à Staline.

« Venez avec nous et nous réaliserons le Brexit », a promis le Premier ministre conservateur devant quelques centaines de militants rassemblés dans le bastion travailliste de Birmingham (centre), deuxième ville du Royaume-Uni. Scandant son nom en chœur – « Boris ! Boris ! Boris ! » –, ceux-ci avaient revêtu des tee-shirts barrés du slogan de prédilection du dirigeant, arrivé au pouvoir en juillet avec la promesse de sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne « à tout prix », mais contraint depuis par le Parlement à repousser la sortie de trois mois jusqu’au 31 janvier 2020.

Pour Boris Johnson, les élections anticipées sont le seul moyen de sortir le Royaume-Uni de l’impasse du Brexit, qui paralyse et divise le pays depuis son vote par 52 % des Britanniques en 2016. « Nous ne pouvons continuer comme ça », a-t-il constaté dans son discours d’une quinzaine de minutes, affirmant qu’il présenterait à nouveau au Parlement son accord de sortie de l’UE, conclu avec Bruxelles, dès « le premier jour » de sa nouvelle session en décembre, afin que la sortie de l’Union puisse être effective en janvier.

Se consacrer aux questions sociales

« L’accord est prêt. Mettez-le juste dans le four à micro-ondes – je ne suis pas vraiment bon en cuisine », a-t-il plaisanté, disant vouloir se consacrer au plus vite aux questions sociales négligées ces dernières années par ce sujet qui a phagocyté la politique britannique : éducation, logement, santé, sécurité. Boris Johnson a attaqué de front son adversaire conservateur Jeremy Corbyn, qui veut négocier un nouvel accord de divorce qu’il soumettrait ensuite à un référendum prévoyant aussi l’option de rester dans l’UE. Une telle renégociation est toutefois jugée « pas réaliste » par le président sortant de la Commission Jean-Claude Juncker.

Il prêchait des convaincus mercredi soir. Pour Nigel Tindall, venu écouter le dirigeant conservateur avec sa femme et leur petite-fille de trois ans, il ne fait aucun doute que « c’est l’homme de la situation ». « C’est un type très honnête », juge-t-il, interrogé par l’Agence France-Presse. « Si vous voulez le Brexit, c’est le seul leader qui le réalisera » alors que Jeremy Corbyn « n’arrive pas se décider ». « Il est optimiste », s’enthousiasme la retraitée Kim Jolly, qui a voté contre le Brexit mais veut désormais « passer à autre chose ».

La campagne électorale a officiellement démarré sur les chapeaux de roues mercredi au Royaume-Uni avec la dissolution au Parlement, actée lorsque le Premier ministre s’est rendu dans la matinée au palais de Buckingham pour rencontrer la reine.

Il compare Corbyn à Staline

Boris Johnson avait a lancé sa première salve dans un éditorial publié par son quotidien préféré, le Daily Telegraph, dans lequel il a comparé Jeremy Corbyn au dictateur soviétique Joseph Staline en raison de sa « haine » présumée des riches.

« Les absurdités que peuvent sortir les ultra-riches pour éviter de payer un peu plus d’impôts… », a réagi Jeremy Corbyn sur son compte Twitter. Dans un discours à Telford (centre), il a enfoncé le clou en se posant en « champion » de « ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent ni des amis haut placés ».

Couacs à la chaîne pour les conservateurs

Mais le premier jour de la campagne a aussi été assombri, côté conservateur, par plusieurs couacs. Le ministre chargé du pays de Galles, Alun Cairns, a dû démissionner après avoir été accusé d’avoir caché qu’il connaissait le rôle joué par un de ses collaborateurs dont les déclarations dans un procès pour viol ont fait s’effondrer l’accusation.

Et le très pincé Jacob Rees-Mogg, proche allié de Boris Johnson, a dû s’excuser platement pour avoir dit que « le bon sens » dictait de sortir d’un immeuble en feu, à propos de la mort tragique de 72 habitants de la tour Grenfell à Londres dans un incendie en 2017, pendant lequel les pompiers, très critiqués depuis, avaient donné pour consigne de ne pas bouger.

La remarque de Jacob Rees-Mogg est d’autant plus ravageuse qu’elle le fait apparaître comme coupé des dures réalités de la vie de la population, soit le contraire du message que tente de faire passer Boris Johnson, lui aussi issu d’une classe sociale ultra-privilégiée.

Les sondages placent régulièrement en tête les conservateurs avec une dizaine de points d’avance, mais John Curtice, politologue et grand prêtre des sondages au Royaume-Uni, ne cesse de conseiller la prudence dans les pronostics pour ce scrutin, le troisième en quatre ans.

SourceLe Point

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières infos

Libye : Détails de l’accord signé entre le Qatar et le gouvernement d’union nationale (GNA)

L’accord sécuritaire signé entre le Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) et le Qatar s’est intéressé à plusieurs domaines, notamment ceux liés à la lutte...

France: le nombre de décès dus à la Covid-19 a doublé en 24h

Alors que lundi la France avait déjà enregistré le nombre de décès journalier le plus élevé depuis avril -258 morts-, ce mardi il a...

L’Iran renforce sa défense aérienne à la frontière avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie

L'armée iranienne a annoncé mardi le renforcement des unités des Forces aériennes dans le nord-ouest du pays, suite à l'escalade des tensions dans la région du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan. Selon le commandant général de la défense...

Accord de normalisation : Des négociations entre Israël et 5 pays arabes à l’issue...

Le ministre israélien des Renseignements, Eli Cohen, a déclaré que des négociations entre Tel Aviv et 5 pays arabes seront intensifiées en vue de normaliser les relations. C'est ce qui...

Le Qatar et le gouvernement libyen signent un accord sécuritaire, dénoncé par les milices...

Le Qatar et le Gouvernement d’union nationale libyen (GNA) ont signé lundi, un accord sécuritaire, au moment où les milices de Khalifa Haftar dénoncent «des...