dimanche, juin 13, 2021

France: Le manque de place dans les hôpitaux préoccupe le personnel soignant

Alors que la pandémie du Covid-19 fait des ravages dans le monde, en France les polémiques sur le manque de lits et les conditions de travail du personnel soignant font régulièrement débats.

Lorsque le coronavirus est arrivé en janvier 2020, la France manquait cruellement de lits dans les hôpitaux notamment dans les services de soins intensifs.

Pour pallier à ce problème, le gouvernement avait organisé au mois de juillet 2020 le « Ségur de santé » qui devait consacrer 8.2 milliards d’euros à la revalorisation des métiers des établissements de santé et des EHPAD, et à l’attractivité de l’hôpital public.

« Six mois après la conclusion du Ségur de la santé, le défi est un échec », constatent des organisations syndicales, des collectifs et des associations, réunis en intersyndicale dénommée « Inter-urgences ».

En effet, le 21 janvier, cette intersyndicale qui a pour but de dénoncer « le manque de moyens dans le système de français » se dit déçue par l’attitude du gouvernement.

« Les discours d’Olivier Veran sur la fin du dogme de la fermeture des lits pouvaient nous laisser entrevoir un avenir meilleur, malheureusement, entre les paroles et les actes le décalage est immense. Ainsi plusieurs centaines de fermetures de lits, continuent d’être actées sans justification, sur tout le territoire, et ce malgré la crise du Covid et la colère des soignants », regrettent les professionnels de santé.

– 5000 lits en réanimation

Il faut dire que selon les données officielles, la France dispose de 5000 lits en réanimation. Pourtant, selon les différents cycles de la pandémie, plus de 7000 personnes étaient en réanimation et la situation ne semble pas s’améliorer. Le gouvernement avait promis 4000 lits supplémentaires mais cette promesse ne s’est jamais concrétisée. Selon les médias français, la France a fermé plus de 100 000 places de lits en 20 ans dont 3400 en 2019.

Malgré les besoins et les promesses, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021 impose à nouveau 900 millions d’euros d’économies.

« Aucune proposition, aucun plan, calendrier, ni axe de travail n’ont été proposés, le ministère nous demande d’attendre la mise en œuvre du ‘Ségur’ et ne semble pas entendre la grande détresse des hôpitaux, des personnels et l’urgence d’agir pour préserver un système hospitalier public de qualité », se désole encore l’intersyndicale.

Face à la gravité de la situation, l’intersyndicale compte se mobiliser à nouveau dans les prochains jours et appelle les citoyens « à soutenir les actions pour préserver un accès aux soins de qualité pour tous ».

– Un choix incompréhensible

Ces décisions du gouvernement sont incomprises par les citoyens. En effet, tandis que d’autres pays comme l’Allemagne continuent d’investir dans la santé, la France pourrait-elle continuer dans cette voie ?

Pour prendre l’exemple de la Turquie, dont la gestion de la crise du coronavirus a été montrée en exemple par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), elle a décidé de construire plusieurs hôpitaux spécialisés en maladies transmissibles. Ainsi en 45 jours, deux hôpitaux de plus de 1000 places chacun ont vu le jour à Istanbul afin de désengorger les services des autres hôpitaux.

Ces nouveaux centres de soins ont été planifiés afin d’accueillir dans les années à venir des « touristes » de santé. En effet, la Turquie se développe énormément dans le domaine de l’esthétique, des soins dentaires et des opérations plus spécialisées.

D’autre part, plus d’une trentaine de centres hospitaliers urbains ont été construits ces dernières années afin de répondre à une demande croissante de santé.

D’ailleurs selon les données officielles, la Turquie est le pays qui a le plus de places en soins intensifs, avec 40 places pour 10 000 habitants alors que la France en a seulement 11.6.

La semaine dernière, lors d’une conférence de presse, le ministre de la Santé, Olivier Veran a admis que « les hôpitaux faisaient face à des fortes tensions dans les services de réanimation ».

« On a l’impression que le gouvernement met en garde les citoyens contre le manque de lits dans les hôpitaux pour les prévenir afin de justifier la baisse du budget », se désole à l’Agence Anadolu, un infirmier qui a souhaité garder l’anonymat.

« Le gouvernement veut que les citoyens arrêtent de tomber malade pour qu’ils puissent faire des économies », conclut-il.

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