jeudi, octobre 22, 2020

Intenses combats dans une ville somalienne frontalière du Kenya

Des affrontements ont éclaté lundi 2 mars entre l’armée fédérale somalienne et les troupes du Jubaland, l’une des régions semi-autonomes de Somalie. Les combats se sont déroulés dans la zone frontalière avec le Kenya, sans qu’on en connaisse le bilan. Ils ont entraîné une panique des deux côtés de la frontière, tendant un peu plus les relations entre Nairobi et Mogadiscio.

Ces violences étaient à craindre. Depuis plusieurs semaines, l’armée fédérale massait ses troupes dans la région de Balad Hawo pourtant sous contrôle du Jubaland. La semaine dernière au Conseil de sécurité, les États-Unis avaient d’ailleurs jugé « inacceptable », la présence des troupes du président somalien Farmajo dans cette région.

Officiellement, Mogadiscio disait sécuriser sa frontière avec le Kenya. Mais beaucoup soupçonnent le pouvoir central de vouloir reprendre coûte que coûte l’ancien ministre de la Sécurité du Jubaland, Abdirashid Janan. Arrêté en octobre et amené à Mogadiscio, il s’est évadé de prison en janvier.

Problème, l’officiel aurait trouvé refuge dans la ville frontalière kenyane de Mandera, à quelques centaines de mètres du lieu où les violences ont éclaté hier. Or le Jubaland et le Kenya sont alliés. Les troupes de Nairobi ont notamment aidé la région à repousser les islamistes shebabs. Une alliance Jubaland-Kenya que le pouvoir central somalien voit d’un mauvais œil.

Ces tensions vont favoriser les shebabs

À cela, s’ajoute un contexte tendu depuis un an entre la Somalie et le Kenya, à cause d’un litige frontalier maritime. Des relations encore malmenées il y a quelques jours, lorsque onze députés du nord du Kenya sont allés voir le président somalien Farmajo, suscitant l’ire de Nairobi.

Dans tous les cas, malgré l’imbroglio de l’affaire, les spécialistes ont une conclusion simple à l’affaire : ces tensions vont favoriser une fois de plusles terroristes islamistes shebabs.

Dans un communiqué diffusé ce matin, les Nations unies ont affirmé que 56 000 personnes avaient été déplacées en Somalie à cause des tensions dans cette région. L’ONU appelle les parties à minimiser les dommages causés aux civils, aux écoles, aux maisons et aux centres de santé.

SourceRFI

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