Plus de 300 personnes ont été tuées ces dernières semaines, majoritairement des manifestants mobilisés contre le pouvoir et qui réclament la démission du gouvernement. Le centre-ville de Bagdad a pris des allures de champ de bataille, mais la situation semble se calmer ce lundi 11 novembre 2019.

Les dernières 48 heures ont été violentes dans la capitale irakienne : le centre-ville a pris des allures de champ de bataille, avec des rafales d’armes automatiques, des déflagrations de grenades assourdissantes et, dans la foulée, le ballet des ambulances et des mototaxis qui transportent des blessés suffoquant. La place Tahrir a étouffé, asphyxiée de gaz lacrymogènes.

L’objectif des forces de l’ordre reste le même : déloger les derniers manifestants et mettre un terme à la contestation. Le mouvement populaire tente de résister ; ce sont surtout les plus jeunes qui veulent poursuivre leur combat pour plus de dignité et plus de justice sociale.

Sur la place Tahrir, Ibrahim Yassine, secouriste, bouteille et masque d’oxygène à la main, aide un manifestant en détresse respiratoire. « Nous devons les traiter rapidement. Nous ne pouvons pas perdre de temps à les évacuer vers les hôpitaux, en plus les hôpitaux sont débordés. Voilà, il faut que je tire cette goupille qui libère l’oxygène. Le patient inspire et petit à petit il retrouve une respiration normale », explique-t-il.

En première ligne derrière les barricades, le jeune Ahmed promet de lutter jusqu’au bout : « Le message de ces partis politiques au pouvoir, qui sont à la solde de l’Iran, c’est : taisez-vous, rentrez chez vous et vous vivrez ! Mais nous, pour défendre notre pays, on préfère mourir ici. »

Nos manifestations sont pacifiques mais les autorités ont choisi la répression.

Les manifestations, qui réclament la démission du gouvernement et surtout la fin de l’ingérence iranienne, semblaient néanmoins se calmer ce lundi matin. Alors que jusqu’à la veille au soir, on parlait encore d’Intifada, terme en arabe signifiant soulèvement, cette révolte contre les dirigeants irakiens, jugés corrompus, semble s’essouffler un peu.

Finies la grève générale et la désobéissance civile ; les fonctionnaires reprennent le travail. En revanche, au centre de Bagdad, la place Tahrir est toujours occupée par la jeunesse irakienne. Tout autour, des barricades sont dressées, donc. De l’autre côté, les forces de l’ordre sont positionnées sur les ponts qui enjambent le Tigre, le fleuve qui serpente à travers la capitale irakienne.

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