dimanche, octobre 25, 2020

Jérusalem: La mort d’un jeune Palestinien fait écho à l’histoire de Floyd

Autiste, Iyad Hallak traversait presque chaque jour sous le regard des policiers israéliens la «porte des Lions» pour se rendre à son école dans la Vieille ville de Jérusalem. Mais samedi 30 mai, il a été tué par la police et depuis, les Palestiniens ne décolèrent pas. L’indignation touche aussi la société israélienne.

de notre correspondante à Ramallah,

C’était il y a une semaine. Un communiqué de la police israélienne apprend qu’un suspect vient d’être « neutralisé » dans la Vieille ville de Jérusalem près de la porte des Lions. Ce terme est souvent utilisé. Sauf que cette fois, le suspect en question n’était autre qu’un Palestinien de 32 ans, non armé, souffrant d’autisme.
Les policiers pensaient qu’il préparait une attaque. Ils croyaient avoir vu un pistolet, lui ont demandé son arme : il n’en avait pas. C’était juste son téléphone.

Alors qu’il se rendait dans un établissement spécialisé, il a été abattu par deux balles. La Vieille ville a été immédiatement bouclée. Les autorités israéliennes ont fouillé sa maison à la recherche de choses compromettantes. Sans succès. Selon des témoignages de son cousin, publiés dans la presse, « Iyad ne savait même pas ce qu’était un soldat, ni une arme. Il ne savait pas qu’il y avait un « autre côté ». »

Cette histoire a donc provoqué rapidement l’indignation, et des deux côtés de la Ligne verte, la ligne de séparation entre Israël et les Territoires palestiniens, ce qui est assez rare pour être souligné. Le ministre israélien de la Défense a présenté ses excuses pour ce meurtre. Côté palestinien, le Fatah dénonce « un crime de guerre ».

« Palestinian Lives Matter »

Au moment où le monde a les yeux rivés sur la mort de George Floyd aux États-Unis, cette histoire y fait directement écho. La comparaison a été vite faite entre la vie des Palestiniens et celles des noirs américains. Sur les réseaux sociaux, le hashtag « Palestinian Lives Matter » a même surgi en écho au cri de ralliement « Black Lives Matter ». Des rassemblements ont eu lieu presque tous les soirs, un peu partout, côté israélien comme palestinien, à Ramallah, Jérusalem, Tel Aviv et dans les localités arabes d’Israël.

Voir l'image sur Twitter

Sur Instagram ou sur Facebook, de nombreux artistes palestiniens postent de vieilles photos de policiers, d’officiers de l’armée israélienne agenouillés sur le cou des Palestiniens arrêtés. Des images similaires à celles de la mort de George Floyd. À Ramallah, un Institut de démocratie publique a partagé un dessin sur Twitter d’Iyad Hallak et George Floyd côte à côte. En légende : « deux pays, même système ».

Un éditorialiste engagé israélien a également souligné la comparaison entre les polices israélienne et américaine, évoquant aussi la différence d’écho dans le monde entier. « Là-bas, ils abattent des Noirs, dont le sang est bon marché, et en Israël, ils abattent des Palestiniens, dont le sang est encore moins cher. Mais ici, le meurtre nous endort. Là, cela déclenche des protestations. »

Peur de mettre la main dans sa poche

Une association israélienne qui se bat pour les droits des Palestiniens, Btselem, a publié une liste non exhaustive avec les histoires de 11 Palestiniens tués dans des conditions similaires à celle d’Iyad Hallak.

Selon un professeur de Sciences politiques de l’Université de Birzeit, la plupart de ses étudiants, à chaque fois qu’ils devaient passer un checkpoint ou croiser des soldats, avaient peur de mettre leur main dans leur poche ou de chercher quelque chose dans leur sac à dos. Par crainte que les soldats ne pensent qu’ils étaient armés.

SourceAgences

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