La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné lundi aux Émirats arabes unis (EAU) de protéger les droits des citoyens qataris, en particulier de réunir les familles séparées et de permettre aux étudiants de poursuivre leurs études.

Le Qatar avait porté devant la CIJ en juin son différend avec les Émirats arabes unis, qu’il accuse de « violations des droits de l’homme » après le « blocus » qui lui a été imposé l’an dernier, créant des tensions avec ses voisins du Golfe.

En juin 2017, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte avaient coupé tous leurs liens avec le Qatar, qu’ils accusaient de « financer le terrorisme » et de soutenir l’Iran, malgré les démentis de Doha, et imposé des mesures punitives.

La compagnie aérienne Qatar Airways avait été interdite d’emprunter l’espace aérien de ces pays et sa seule frontière terrestre, avec l’Arabie saoudite, avait été fermée, tandis que les Qataris avaient été sommés de partir.

Les Émirats ont répandu « un climat de peur » parmi les ressortissants du Qatar qui vivent sur leur territoire, séparant les familles et causant des « souffrances importantes », avait affirmé en juin devant la CIJ à La Haye l’avocat du Qatar.

« Les Émirats arabes unis doivent veiller à ce que soient réunies les familles qataries qui ont été séparées après les mesures restrictives infligées par les Émirats », a déclaré lundi le juge président de la CIJ Abdulqawi Ahmed Yusuf.

De nombreuses familles, 6 474 précisément, ont en effet été scindées par le blocus, selon le Comité national des droits de l’homme (NHRC) de Doha.

Dans un reportage publié en septembre 2017, Middle East Eye avait rencontré Fatima al-Chamira, Saoudienne de 23 ans, de mère qatarie, étudiante en chimie, qui a passé toute sa vie à Doha. Alors quand son pays a exigé son retour, sous peine de lui retirer sa nationalité, elle n’a pas déménagé : « Qu’est-ce qu’il y a là-bas pour moi ? Rien. Ils disent que je vais perdre ma nationalité mais ma vie est ici, mon cœur, mes études. Si je vais là-bas, je n’ai pas d’université, pas de famille… En Arabie saoudite, j’ai juste un passeport. »

 « Les étudiants qataris affectés par ces mesures doivent pouvoir terminer leurs études aux Émirats ou obtenir leur dossier universitaire s’ils veulent les poursuivre ailleurs », a-t-il ajouté.

Les efforts diplomatiques n’ont pu apaiser jusqu’ici les tensions entre le Qatar et ses voisins, qui ont rendu le Conseil de coopération du Golfe (CCG), composé de six pays, pratiquement obsolète.

La CIJ, le principal organe judiciaire de l’ONU, siège à La Haye et juge les différends entre États mais ne dispose pas de moyens contraignants pour faire appliquer ses décisions.

Les Émirats arabes unis affirmaient que la CIJ n’était pas compétente pour juger l’affaire du Qatar.

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