Pourquoi l’armée française a-t-elle effectué des frappes au-dessus du Tchad, le 3 février ? Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a répondu à cette question, ce mardi, à l’Assemblée nationale, en employant un vocabulaire jusqu’ici inédit.

Si la France est intervenue militairement au Tchad la semaine dernière, c’est pour éviter un « coup d’État » menaçant le président Idriss Deby, a déclaré mardi Jean-Yves Le Drian.

Des appareils de l’opération française Barkhane ont bombardé au Tchad, pendant plusieurs jours, un groupe rebelle puissamment armé venu du sud de la Libye à bord d’une cinquantaine de pick-up.

Les autorités françaises ont expliqué agir à la demande d’Idriss Deby pour éviter une « déstabilisation » du pays.

Une intervention « conforme au droit international »

L’expression « coup d’État » n’avait jusqu’alors pas été prononcée. « Il y a eu une attaque d’un groupe rebelle venu du Sud libyen, qui est déstabilisé, pour prendre le pouvoir par les armes à N’Djamena, et le président Deby nous a demandé par écrit une intervention pour éviter ce coup d’État venu du Sud libyen et pour protéger son propre pays », a déclaré le chef de la diplomatie française lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

« Ceci est tout à fait conforme au droit international, le Premier ministre en a informé le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale », a-t-il répondu à une question d’un député du groupe Libertés et territoires qui s’interrogeait sur un éventuel « changement de doctrine » de la France.

Un groupe rebelle basé en Libye

Des combattants rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR) sont entrés fin janvier au Tchad depuis la Libye, où ils étaient basés. À la demande de N’Djamena, la France a annoncé avoir procédé à trois reprises à des frappes de Mirage 2000 contre leur colonne de véhicules.

L’UFR est un groupe armé né en 2009, dont la majorité des membres et des chefs est à l’origine d’une tentative de putsch en 2008 stoppée in extremis aux portes du palais présidentiel de N’Djamena grâce à l’appui de l’allié français.

« Une bataille est perdue mais pas la guerre », a déclaré lundi Youssouf Hamid, porte-parole de l’UFR, après la capture samedi de plusieurs dizaines de ses combattants par l’armée tchadienne.

Depuis son arrivée au pouvoir en 1990 avec l’aide de Paris, Idriss Déby, qui avait renversé Hissène Habré, a toujours pu compter sur son allié français.

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