Le bureau de représentation palestinienne à Washington a bel et bien fermé jeudi, sur demande de l’administration Trump, en espérant que ce « triste moment » ne soit qu’une brève parenthèse.
La mission diplomatique palestinienne à Washington, dont le gouvernement de Donald Trump a ordonné la fermeture, a cessé ses activités jeudi 13 septembre. « Aujourd’hui, c’est le délai qu’ils nous ont donné » pour fermer, a déclaré le représentant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hossam Zomlot, dans une vidéo sur Facebook adressée au « grand peuple américain ».
La date choisie par le gouvernement américain pour cette fermeture coïncide avec le 25e anniversaire de la signature, à la Maison Blanche, des accords d’Oslo entre les deux dirigeants de l’époque, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le chef de l’OLP Yasser Arafat.
Hossam Zomlot a dénoncé une décision « malheureuse et vindicative ». « L’administration Trump ne nous a donné que deux choix : perdre notre relation avec elle ou perdre nos droits en tant que nation. Notre président, nos dirigeants et le peuple palestinien ont choisi nos droits », a expliqué celui qui faisait office d’ambassadeur palestinien aux États-Unis.
« Que ce triste moment soit bref »
Se disant « extrêmement attristé par la situation actuelle », il a lancé aux « millions d’Américains qui ont été et continuent d’être les amis de la Palestine » : « Que ce triste moment soit bref afin que nous puissions redevenir rapidement un symbole et l’illustration de la relation historique entre Palestiniens et Américains. »
« C’est clairement une attaque contre la communauté internationale », a dénoncé, depuis Washington, la professeure de droit américano-palestinienne Noura Erakat, au micro de France 24. « La décision de fermer cette représentation est une attaque contre un projet collectif : cela devient ‘Trump contre le reste du monde' », a-t-elle ajouté.
Pour Mouin Rabbani, chercheur à l’Institut d’études sur la Palestine à Washington, interrogé par France 24, la Maison Blanche n’a jamais été aussi éloignée d’un accord de paix : « Les Palestiniens sont punis parce qu’ils veulent dénoncer les crimes de guerre en Israël devant une juridiction internationale. Je ne crois pas qu’on ait jamais vu une chose pareille. »
L’Autorité palestinienne a gelé tout contact avec le gouvernement américain depuis que le président Trump a reconnu, en décembre, Jérusalem comme capitale d’Israël. Washington a ensuite multiplié les mesures spectaculaires, coupant notamment l’essentiel de son aide aux Palestiniens.
Parallèlement, la Maison Blanche assure préparer un plan de paix dont Donald Trump espère, malgré tout, qu’il permettra de parvenir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens. « Attendez que le plan de paix soit dévoilé, et quand il sera publié, lisez-le entièrement et jugez-le sur le fond – pas sur la base de rumeurs, spéculations, informations de presse », a demandé mercredi sur Twitter un des négociateurs américains, Jason Greenblatt.
Mais interrogée jeudi, la porte-parole du département d’État Heather Nauert a précisé que l’administration n’était « pas prête à le dévoiler » : « Il y a besoin d’une approche différente » car « rien n’a marché » jusqu’ici, a-t-elle plaidé, assurant rester « optimiste. »

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