jeudi, octobre 29, 2020

L’ambassadeur de Libye: « les conditions imposées par Haftar prouvent sa soumission à l’étranger  »

L’ambassadeur de Libye auprès des Nations unies, Tahar al-Sunni, a souligné que les conditions imposées par le général putschiste Khalifa Haftar pour la réouverture des champs pétroliers prouvent sa soumission à l’étranger.

C’est ce qui ressort d’une interview accordée, dimanche soir, par le diplomate libyen à la chaîne de télévision satellitaire « al-Hurra », qui diffuse depuis les Etats-Unis d’Amérique.

Samedi, Ahmed al-Mesmeri, porte-parole de Haftar, avait conditionné, dans une déclaration télévisée, la réouverture des champs et des ports pétroliers en Libye, par « l’ouverture d’un compte spécial dans un pays tiers, dans lequel les recettes pétrolières seront versées ».

Al-Sunni a indiqué que les « conditions imposées par al-Mesmeri prouve la soumission de Haftar à l’étranger, et attestent qu’il n’est plus maître de ses propres décisions ».

Dimanche, la Compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) avait révélé que les Emirats Arabes Unis avaient donné des instructions aux milices de Haftar de suspendre la production du brut, relevant que « les milices ont eu une attitude opposée à la position coopérative qu’elles ont eue lors des pourparlers », sans fournir plus de détails.

En réaction à la suspension de la production du pétrole, l’ambassade américaine à Tripoli a menacé « ceux qui sapent les bases de l’économie libyenne et qui s’attachent à l’escalade militaire…qu’ils seront isolés et qu’ils feront face au risque de sanctions ».

Al-Sunni a ajouté que la Libye « souffre d’ingérences étrangères depuis 2011 et le traitement de la crise par la Communauté internationale, ainsi que l’ouverture de la scène aux règlements de comptes et à la guerre par procuration est la résultante des accumulations des années précédentes ».

Il a estimé que l’appui apporté par certains pays à Haftar intervient dans « une tentative d’accabler le citoyen arabe et de le lui faire regretter d’être sorti pour réclamer l’alternance pacifique au pouvoir, compte tenu de la crainte affichée par ces régimes de perdre leur pouvoir », (sans citer de quel régime il s’agit).

En réponse à une question sur la position de l’Egypte, le diplomate a répondu : « Nous sommes compréhensifs quant à la question de la sécurité nationale égyptienne, qui fait partie intégrante de la sécurité nationale libyenne. Cependant, le traitement des appréhensions égyptiennes ne passe surement pas par le soutien d’une guerre aux frontières ».

Al-Sunni a considéré, également, que « la coopération du gouvernement libyen avec la Turquie s’inscrit dans le cadre de la défense pour repousser la tentative de putsch dans le pays ».

S’agissant du dialogue avec Haftar, al-Sunni a lancé : « Haftar est un criminel de guerre et n’a pas sa place dans le processus politique ».

« Il n’est pas possible de partager le pouvoir avec un groupe dictatorial qui veut l’arracher par la force des armes », a-t-il soutenu.

Et al-Sunni de conclure : « Il existe des élites patriotiques dans la région orientale (soumise au contrôle de Haftar) qui pourraient être en désaccord avec le gouvernement de Tripoli, mais auxquelles nous tendons nos mains pour dialoguer et discuter du destin de la nation libyenne ».

Avec le soutien de plusieurs pays arabes et européens, les milices du général putschiste Khalifa Haftar, ont lancé une attaque contre la capitale Tripoli, en date du 4 avril 2019.

Ces milices ont essuyé un revers lorsque l’armée libyenne a engrangé une série victoires en libérant le Grand-Tripoli, Tarhouna, l’ensemble des villes du littoral occidental, la base aérienne d’al-Watiya et les localités d’al-Jabal al-Gharbi.

SourceAgences

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