Les avions de combat de la coalition ne se tourneront plus vers l’armée canadienne pour ses ravitaillements pendant ses vols au-dessus de l’Irak et de la Syrie.

Le Canada met ainsi fin à quatre ans de soutien au ravitaillement en vol de la coalition dirigée par les États-Unis qui lutte contre le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie.

Le vice-amiral Brian Santarpia, chef d’état-major des opérations du Commandement des opérations interarmées du Canada, a annoncé que les Forces canadiennes rapatrieront samedi l’avion de ravitaillement en vol Polaris, mettant ainsi fin à l’une des plus longues contributions du Canada à la guerre contre Daech (groupe armé État islamique).

Le premier avion ravitailleur Polaris des Forces canadiennes était arrivé au Koweït en octobre 2014 pour soutenir les frappes aériennes et les missions de reconnaissance contre Daech en Irak et plus tard en Syrie.

La décision de retirer l’appareil a été prise en consultation avec les alliés et repose sur une combinaison de facteurs, a déclaré le vice-amiral Santarpia.

Ces facteurs incluent la nature changeante du rôle du Canada au sein de la coalition, qui a évolué vers la formation des forces de sécurité irakiennes.

Situation changeante en Irak et en Syrie

La décision coïncide également avec une diminution du nombre de frappes aériennes et d’autres missions de la coalition en Syrie et en Irak, a ajouté M. Santarpia, Daech ayant perdu presque tout son terrain dans les deux pays.

Les données publiées par l’armée américaine l’année dernière indiquent que la coalition a mené en moyenne 720 missions de ravitaillement en vol par mois en 2018, soit un tiers de moins que les deux années précédentes.

Le nombre de frappes aériennes menées par les avions de la coalition a connu une baisse similaire, bien que certains rapports aient indiqué une légère hausse au cours du dernier mois, dans l’est de la Syrie.

Malgré le départ du Polaris, le Canada continuera de jouer un rôle important dans la lutte contre Daech, avec deux avions de transport Hercules, du personnel médical, plus de 250 formateurs et des dizaines de soldats des forces spéciales.

Le mandat de certaines parties de la mission du Canada expirera à la fin du mois de mars, et le gouvernement n’a pas encore indiqué s’il envisageait de prolonger ou de modifier autrement l’opération.

Les forces spéciales toujours impliquées

La mission a en grande partie quitté le radar politique au cours de la dernière année, alors que Daech a été repoussé et que l’armée canadienne s’est tournée vers une mission de maintien de la paix au Mali.

Mais le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, a révélé au début de décembre que des soldats des forces spéciales canadiennes travaillaient avec les forces de sécurité irakiennes au moment où les Irakiens traquaient les combattants de Daech ayant survécu aux batailles précédentes.

M. Santarpia n’a pas pu commenter cette partie de la mission; les unités des forces spéciales du Canada relèvent directement du général Vance.

Le gouvernement Trudeau a été critiqué en 2017 après que des notes d’information internes obtenues par les conservateurs eurent révélé que les autorités irakiennes étaient mécontentes de la décision des libéraux de retirer six avions de combat CF-18 de la lutte contre Daech.

Un chasseur CF-18 Hornet des Forces armées canadiennes Photo : Getty Images / AFP/Geoff Robins

Les CF-18 avaient été promis par le gouvernement de Stephen Harper en même temps que le Polaris, en 2014, et les libéraux avaient publiquement affirmé que leur décision de les retirer était comprise et respectée par les alliés du Canada.

M. Santarpia a déclaré que, même si la coalition aimerait avoir tout le personnel militaire et tout l’équipement que le Canada peut offrir, « tout le monde comprend qu’il y a une limite à la capacité de chaque pays ».

La décision du Canada de retirer le Polaris survient alors que la confusion règne dans la région, après l’annonce inattendue par le président américain Donald Trump, le mois dernier, du retrait de toutes les troupes américaines de la Syrie.

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