mercredi, juillet 28, 2021

Le Tribunal pénal spécial en Arabie saoudite est un outil politique pour réduire les voix critiques au silence, affirme Amnesty International

Courrier arabe

Un rapport d’«Amnesty international» a signalé que l’Arabie saoudite exploitait le Tribunal pénal spécial, depuis 2011, «pour réduire les voix politiques au silence», appelant le roi et son prince héritier à libérer les détenus d’opinion et à introduire des réformes profondes au niveau de cette instance.

Intitulé : «Arabie saoudite : Le Tribunal pénal spécial, un outil politique pour réduire les voix critiques au silence», le rapport d’Amnesty signala que «95 personnes, majoritairement des hommes, avaient été jugés, condamnées ou étaient dans l’attente de leur procès devant le Tribunal pénal spécial entre 2011 et 2019».

Elle affirma que la plupart des condamnés par cette instance étaient des journalistes, des activistes politiques, des prédicateurs, des défenseurs des droits de l’homme et de la femme, et signala que «le procès d’au moins 11 personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leur liberté d’expression et d’association était traité par ce Tribunal».

«Discrimination et iniquité flagrante»

Amnesty affirma qu’au moins 28 Saoudiens appartenant à la minorité chiite avaient été exécutés, depuis 2016, signalant que la plupart d’entre eux avaient été condamnés à mort par le Tribunal pénal spécial sur la base d’«aveux» extorqués sous la torture.

«Plusieurs chiites saoudiens, notamment de jeunes hommes, ont été jugés pour des «crimes» qu’ils avaient commis alors qu’ils avaient moins de 18 ans, et risquent d’être exécutés d’un moment à l’autre à l’issue de procès d’une iniquité flagrante devant le Tribunal pénal spécial», avait-elle ajouté, en déplorant l’iniquité et l’absence de la justice.

Écraser les voix de l’opposition 

Amnesty explique que le Tribunal fut mis en place en 2008, pour juger les personnes suspecté d’appartenance à l’organisation d’al-Qaïda, sauf que sa fonction a radicalement changé, du fait qu’aujourd’hui, il juge des personnes pour avoir pacifiquement exercé leurs droits.

Sur ce, l’organisation humanitaire a proclamé la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers d’opinion, appelant le roi saoudien et son prince héritier à introduire des réformes, au niveau des fonctions du Tribunal pénal spécial, «pour qu’il soit en mesure de mener des procès équitables et de protéger les accusés de toute détention arbitraire, torture ou autres formes de mauvais traitements.», avait-elle insisté.

Rappelons que l’Arabie saoudite vit depuis deux ans au rythme effréné des arrestations, qui ciblent les activistes et les militants opposants au prince héritier et à son autorité. Des arrestations qui portaient les empreintes d’al-Qahtani, déjà culpabilisé par le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul, et qui malgré sa destitution par le roi Salmane, continue toujours à dicter les ordres, et à contrôler les secteurs sensibles du royaume.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières infos