lundi, juin 14, 2021

«Les Palestiniens et Jordaniens détenus en Arabie saoudite subissent de graves violations», confirment des témoignages

Courrier arabe

L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a déclaré «avoir enregistré des témoignages choquants, concernant des violations commises à l’encontre de Palestiniens et de Jordaniens détenus en Arabie saoudite, depuis 2019», parlant de «détentions arbitraires, de torture physique, d’isolement et de négligence médicale».

 

Lors d’un rapport envoyé à plusieurs médias, l’Observatoire a signalé : «Plus de 60 Palestiniens et Jordaniens, étudiants, académiciens, hommes d’affaires et employés engagés dans des ONG humanitaires, interpellés depuis plus de 2 ans pour avoir envoyé un soutien financier aux fractions palestiniennes, furent placés dans plusieurs prisons, sans avoir le droit à la défense», en notant que «leur état de santé se détériorait constamment».

Un ancien détenu raconte

L’Observatoire indiqua avoir obtenu le témoignage d’un ancien détenu, qui a raconté son vécu en prison en détails.

«J’ai passé près de 12 mois à la prison d’al-Hayer, j’ai été placé en isolement, pendant 3 mois. On ne m’a lancé aucune accusation, tout au long de ma détention, et personne ne m’a dit pourquoi je me trouvais en prison», avait raconté, en affirmant «qu’il ne vit aucun tribunal».

Il ajouta : «Les conditions étaient très difficiles, l’administration de la prison bloquait l’aération dans les cellules et entassés les prisonniers. Nous n’étions autorisés à voir le soleil qu’une une fois par mois, et seulement pour 10 minutes, et nous ne pouvions acheter de l’épicerie de la prison que des choses limités, une fois chaque 3 mois. Nous ne pouvions utiliser les toilettes que pour deux minutes, une fois par jour… Il y’avait peu de nourriture et sa qualité était très mauvaise».

«Nous contactions nos proches une fois par semaine et pour 10 minutes, et un employeur écoutait l’appel et faisait attention aux moindres détails», avait-il continué en indiquant «qu’aucune intimité ne fut accordée».

Il poursuit : «Je me suis déplacé dans les parties réservées à la torture, à l’intérieur même de la prison. J’ai rencontré d’autres détenus qui m’ont dit avoir été frappés, électrocutés, privés de lumière pendant des mois, et certains avaient des maladies chroniques cardiaques », précisant que « certains détenus étaient dans un état de santé très grave et qui risque de se dégrader ».

Les familles des détenus racontent

L’Observateur signale également avoir contacté les familles de certains détenus, se trouvant dans les prisons saoudiennes.

Abdelmajid al-Khadri, le frère du détenu palestinien Mohamed al-Khadri (83 ans) indiqua que «son frère souffrait de cancer de prostates et avait besoin de soin et de suivi médical, qui ne sont pas disponibles dans les cliniques des prisons».

«La tumeur s’est développée à nouveau à cause de la négligence en prison, on redoute que son état se dégrade. Mon frère a des difficultés à marcher et il se déplace en chaise roulante, certaines de ses dents sont tombées et sa main droite est immobile», avait-il affirmé.

De sa part, un des proches du détenu Abderrahman Farhana (64 ans), journaliste jordanien, raconte que «Abderrahman souffre de plusieurs maladies, dont l’hypertension, le diabète, et une mauvaise perfusion cérébrale».

«Il est privé de son traitement et durant son arrestation ses lunettes ont été cassées et n’a pas pu avoir de nouvelles lunettes à ce jour», avait-il dit.

Des procès secrets

L’Observatoire affirma également que «les autorités saoudiennes avaient lancé des procès secrets, le 8 mars 2020, au tribunal pénal spécialisé de Riyad, pour juger un groupe de Palestiniens et de Jordaniens».

«Les procès se sont poursuivis toute l’année, réparties sur 14 auditions, ayant en moyenne de 3 à 5 détenus, accusés majoritairement de faire partie à une entité terroriste et d’avoir aidé une entité terroriste, sans que la nature de cette entité ne soit définie», avait indiqué le rapport.

Il affirma que «les pratiques arbitraires infligées aux détenus violaient les lois internationales et violaient la charte arabe des droits de l’homme signée par l’Arabie saoudite en 2009, et qui assure aux détenus le droit à la liberté et le droit au jugement durant un délai raisonnable».

Au final, l’Observatoire appela les autorités saoudienne «à libérer inconditionnellement les détenus et leur demanda d’offrir le soin médical urgent aux malades et de mettre immédiatement fin à toutes les violations et mesures arbitraires pratiquées dans les prisons».

Il appela également l’équipe des Nations unies pour la détention arbitraire «à intervenir en urgence pour enquêter sur le sort des prisonniers, déterminer les conditions et les raisons de leur détention et suivre de près leur exposition à de graves violations à l’intérieur des prisons».

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