lundi, mai 10, 2021

Libye : Les réactions internes et externes que le nouveau plan de Haftar a générées  

Courrier arabe

L’annonce du général à la retraite Khalifa Haftar, au sujet de l’annulation de l’accord de Skhirat et son autoproclamation comme souverain de la Libye, a déclenché la réaction de diverses parties, toutes accordées sur le fait qu’elle interprète les échecs militaires que ses milices ont encaissés sur terrain.

Des observateurs de la situation libyenne ont mis en garde contre l’initiative tentée par Haftar, redoutant que «ce «téméraire» risque de songer à diviser le pays s’il ne parvient pas à écraser l’opération politique et à relancer le plan militaire».

Les réactions internationales

Au niveau international, les États-Unis furent les premiers à rejeter l’annonce de Haftar. Leur ambassade a diffusé un communiqué déclarant:  «Les États-Unis se voient désolés à savoir la décision prise par le chef des forces armés libyennes, et insistent à ce que les changements de la structure politique en Libye ne pourront être imposé par une annonce unilatérale», appelant les deux parties en conflits à mettre fin aux actions offensives pour des raisons humanitaires.

À son tour, le Kremlin qui s’est démontré surpris de voir Haftar unilatéralement placé en tête du pouvoir de la Libye, a indiqué mardi que la Russie était toujours en contact avec les deux parties libyennes en conflit.

Il signala à travers son porte-parole, Dmitri Peskov, que «Moscou insiste toujours sur le fait que le seul chemin pour établir la paix en Libye se fait par le chemin des appels politiques et diplomatiques organisés entre les différentes parties».

De son côté, la mission d’appui des Nations unies en Libye a négligé l’annonce de Haftar, préférant de saluer l’initiative proposée par le président du Parlement de Tobrouk, Aguila Saleh, qui envisage une résolution politique de la crise au pays.

Les réactions internes

Au niveau interne, le Gouvernement d’union nationale (GNA) a diffusé un communiqué sur sa page officielle, dénonçant «un putsch rebelle».

«Le rebelle s’est retourné même contre les structures politiques qui le soutiennent, et qui l’avait un jour nommé », avait-il noté, en soulignant les désaccords entre Haftar et Aguila Saleh, et en affirmant «qu’aucune autorité ne pourra désormais défendre sa légitimité».

Il insista sur le fait que «l’annonce de Haftar affirme l’importance d’écraser son projet putschiste, et d’éliminer les idées qui hantent sa tête au sujet d’obtenir le pouvoir du pays», appelant les représentant du Parlement de Tobrouk à rejoindre leurs confrères du Parlement de Tripoli «pour lancer un dialogue et préserver le parcours de la démocratie, vers une solution bénite par le scrutin».

 

Aussi le Parlement de Tripoli a signalé, lors d’un communiqué diffusé mardi, son opposition «au délire» avancé par Haftar, appelant les citoyens libyens à s’unir contre la dictature et pour protéger l’union nationale.

Le communiqué proclama l’intervention de la communauté internationale, «pour imposer des sanctions sévères au criminel de guerre dont les actions menacent la paix et la sécurité des citoyens».

 

Il implora également les pays qui soutiennent Haftar «de revoir leur position et de songer à prendre part aux côtés des citoyens libyens dont l’intérêt ne se cristallise qu’à l’ombre d’un État civil», ouvrant les bras à toute initiative qui prônera une résolution politique et cherchera le chemin de la paix.

Jusque-là, aucune position n’a été officiellement annoncée par les représentants du Parlement de Tobrouk, au moment où les observateurs espèrent que les différents soient mis de côtés et que l’union de la Libye prendra le dessus.

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