dimanche, octobre 25, 2020

MEE : «Ben Zayed a payé al-Assad pour violer le cessez-le-feu à Idleb et distraire la Turquie des combats à Tripoli»

Courrier arabe

Le site britannique, The Middle East Eye, a déclaré que le prince héritier des Émirats arabes unis (EAU) avait demandé au président  du régime syrien, Bachar al-Assad, de violer le cessez-le-feu instauré à Idleb, pour impliquer les troupes turques et détourner leur attention des combats en cours à Tripoli.

L’article rédigé par le journaliste, David Hearst, signala que Mohamed ben Zayed (MBZ) tente toujours de pousser al-Assad à violer le cessez-le-feu, qu’il a signé avec l’opposition, par tous les moyens qui lui sont disponibles.

David Hearst commence en rappelant que durant ces derniers mois, les forces du régime d’al-Assad, soutenues par l’aviation russe, avaient marqué des victoires importantes contre l’opposition armée; des centaines des combattants de cette dernière furent tués et des milliers d’autres furent obligés à fuir vers les frontières turques.

«Cherchant à imposer de l’équilibre, les forces militaires turques avaient alors décidé d’entrer en scène, en février dernier», avait-il ajouté, notant que les combats n’ont pu être suspendus que grâce à la trêve signée entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, le 5 du mois dernier.

Ben Zayed avait un plan pour anticiper la signature du cessez-le-feu

Hearst signale, par la suite, que MBZ avait tenté d’entraver la signature du cessez-le-feu. Selon lui, «ben Zayed aurait anticipé les faits, en envoyant Ali al-Chamsi, l’adjoint de Tahnoun ben Zayed, son conseiller des affaires sécuritaires, à Damas, pour négocier un accord avec al-Assad, quelques jours avant que la trêve ne soit signée».

L’auteur indique que des sources lui ont affirmé qu’al-Chamsi avait rencontré al-Assad, et lui avait demandé de ne pas conclure d’accord avec Erdogan concernant le cessez-le-feu, notant qu’al-Assad expliqua à al-Chamsi qu’il avait besoin de soutien financier, lui signalant que l’Iran, son allié, ne le payait plus car il ne disposait plus de liquide et que les Russes ne payaient jamais de toute façon.

Il raconte ensuite qu’al-Assad demanda 5 milliards de dollars en guise de soutien directe pour la Syrie. Après négociations, ben Zayed a accepté de payer 3 milliards de dollars à al-Assad, pour que ce dernier relance son attaque militaire contre Idleb, où se refuge la dernière poche de l’opposition, à condition qu’un milliard soit versé avant la fin de mars.

«L’accord fut négocié en secret, car Abu Dhabi tenait à ce que les Américains ne sachent rien, notamment du fait que Washington avait soutenu les mouvements turques pour repousser l’avancée des forces d’al-Assad, vers Idleb, et qu’elle avait auparavant blâmé ben Zayed, pour avoir débloqué 700 millions de dollars de fonds iraniennes, gelés depuis octobre dernier», avait-il ajouté, en rapportant les sources.

D’après ses sources, Hearst souligne que lors qu’al-Assad se mit à équiper ses troupes pour attaquer les positions des Turcs à Idleb, les Russes, qui suivent minutieusement les mouvements militaires sur terrain ont découverts le plan.

Il note: «Poutine, furieux, envoya son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, en une visite non programmée à Damas, pour empêcher le régime syrien de relancer les attaques. Le message que porta Choïgou était clair: «on ne veut pas que vous relanciez à nouveau cette attaque.. La Russie cherche à conclure un accord pour un cessez-le-feu qui dure»».

L’auteur signale que ses sources lui affirmèrent qu’à l’ombre de ses évolutions, 250 millions de dollars de la somme convenue, furent déjà versés par les EAU au compte de Damas. «Elles racontèrent aussi que même après la visite de Sergueï Choïgou, ben Zayed tenta un dernier coup pour dissuader al-Assad, en lui envoyant un second virement, mais sans succès, la Russie avait décidé», avait-il écrit.

Les fins qui auraient justifié les actions de ban Zayed

David Hearst explique que MBZ avait payé al-Assad pour qu’il relance son attaque militaire, motivé pour deux principales raisons ; la première étant du fait qu’Abu Dhabi cherche à impliquer l’armée turque dans la guerre coûteuse au nord-ouest syrien, et la deuxième étant que MBZ cherche à épuiser les ressources de l’armée turque et à dissiper le succès qu’Erdogan espère atteindre, après s’être impliqué dernièrement, en Libye, aux côtés du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu internationalement, pour défendre Tripoli et repousser les attaques du général à la retraite, Khalifa Haftar.

L’auteur indique cependant que même si plusieurs de ses sources estiment que la situation actuelle en Libye est l’une des principales raisons à pousser les EAU à vouloir impliqué l’armée turque à Idleb, Poutine, qui soutien lui aussi Haftar contre le GNA, insiste sur l’importance des relations stratégiques avec Ankara, et préfère conserver le cessez-le-feu.

Ben Zayed se serait enfoncé dans la boue

David Hearst note que dès que Sergueï Choïgou a écrasé les tentations émiraties, ben Zayed fut hanté par l’inquiétude, redoutant que les Américains découvrent son plan, et a commencé à chercher une version crédible pour couvrir les sommes versées à Damas et continuer, dans l’ombre, à convaincre le régime syrien.

«Il appela al-Assad, étant très inquiet, notamment après le bruit qu’avait fait l’affaire du déblocage des fonds iraniens», nota Hearst.

C’est plus tard, après que des informations au sujet des appels entre les deux parties, ont commencé à circuler que MBZ a publié un tweet, lors duquel il nota: «Nous affirmons le soutien des EAU au peuple syrien dans ces conditions exceptionnelles, la solidarité humanitaire en temps de crises prône au-dessus de tous et la Syrie ne sera pas seule dans ses conditions critiques», justifiant les sommes versées à Damas, au cas où elles seraient découvertes, d’aides humanitaires offerts aux Syriens.

Pour Hearst, l’approche des relations entre le régime syrien et les EAU a vit attiré les regards, et malgré que les EAU avaient choisi de soutenir l’opposition syrienne en 2011, l’année dernière, la réouverture de l’ambassade d’Abu Dhabi à Damas et les efforts fournis pour relancer les relations entre les deux parties posent plusieurs questions sur les coulisses de la situation.

Au final, l’auteur indique que Mohamed ben Zayed s’est mis au milieu d’une crise qu’il a créée lui-même et qui tente désespérément de s’en sortir.

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