Proche du président palestinien, Mohammad Chtayyieh a été placé à la tête du gouvernement

« Il y avait une volonté de remplacer le gouvernement précédent, qui était perçu comme peu efficace, par un gouvernement plus politique, mais cela va aussi totalement exclure le Hamas du processus de décision et affaiblir davantage la démocratie palestinienne », souligne-t-il.

Fin décembre, le président palestinien avait annoncé son intention de dissoudre le Parlement palestinien (Conseil législatif) qui ne s’est pas réuni depuis 2007, pour se conformer, selon lui, à une décision de la Cour constitutionnelle.

Un défenseur de la solution à deux États

Né en 1958 à Naplouse, en Cisjordanie, Mohammad Chtayyeh est âgé de neuf ans quand Israël conquiert ce territoire à l’ouest du Jourdain pendant la guerre des Six Jours. L’occupation israélienne dure depuis plus de 50 ans.

Après des études à l’Université de Bir Zeit (Cisjordanie) et l’obtention d’un doctorat en développement à l’université de Sussex (Royaume-Uni), il retourne dans les Territoires palestiniens à la fin des années 1980.

Quelques années plus tard, en 1991, et récemment, entre 2013 et 2014, il a participe aux négociations avec Israël sous l’égide des États-Unis.

Modéré sur le plan politique, il défend la solution à deux Etats – la création d’un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël – pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Des factions opposées au nouveau gouvernement

Le gouvernement est théoriquement composé des factions de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Cette organisation est dirigée par le Fatah mais comprend plusieurs autres partis. Le Hamas n’en fait pas partie.

Deux grandes factions de gauche ont déjà exprimé leur opposition au nouveau gouvernement et ne devraient pas y participer. Cela renforcera l’impression que le Fatah dirige désormais pleinement l’OLP.

Aucun changement politique majeur n’est attendu, que ce soit sur les relations des Palestiniens avec Israël, les États-Unis ou d’autres acteurs. Les gouvernements de l’Autorité palestinienne sont depuis longtemps considérés comme subordonnés à Mahmoud Abbas et au comité exécutif de l’OLP.

« Le gouvernement n’a jamais été le décideur ici. L’OLP est la seule partie qui doit prendre des décisions », a estimé Nabil Abou Roudeinah.

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