Soudan : des millions remettent un mémorandum à l’armée demandant le départ d’El-Béchir

Courrier arabe

A l’anniversaire du soulèvement du 6 avril au Soudan, des manifestations ont été organisées, ce matin, dans la capitale Khartoum et dans le reste des États Soudanais, dans le but de remettre aux dirigeants de l’armée « un mémorandum » appelant le président Omar El-Béchir à se retirer de la présidence du pays.

Selon des sources locales, les manifestants étaient sortis tôt le matin dans plusieurs quartiers au nord de la ville de Khartoum, scandant des slogans appelant au renversement du régime.

Les sources ont noté que les manifestants avaient barré les routes principales et dérouté des véhicules en brûlant des pneus, soulignant que la police les avait dispersés avec des bombes à gaz lacrymogènes.

Le convoi a pris un élan différent depuis le début de la vague de manifestations dans le pays depuis quatre mois, après que les organisateurs eurent décidé de se rendre auprès de la direction de l’armée pour remettre le « mémorandum ».

Le défilé d’aujourd’hui marque l’anniversaire du soulèvement populaire qui a renversé l’ancien président Gaafar Nimeiry en avril 1985, qui avait dirigé le pays pendant 16 ans.

Hier, Al-Mahdi, le chef du parti d’opposition national soudanais « Oumma », a appelé le président El-Béchir à libérer tous les prisonniers politiques, à lever l’état d’urgence dans le pays et à démissionner de la présidence.

Al-Mahdi a demandé à la communauté internationale de former ce qu’il a appelé « le groupe d’amis du Soudan » pour exhorter le régime à ne pas opprimer ceux qui agissent pacifiquement dans leurs revendications.

Appels et demandes

Les dirigeants des forces d’opposition -pacifiques et armées- ont fait appel aux sites de réseaux sociaux pour exhorter le peuple soudanais à participer à la manifestation prévue samedi, après-midi, pour exiger le renversement du régime.

Les manifestants devraient se rendre au siège du commandement général de l’armée Soudanaise à Khartoum pour remettre un mémorandum appelant à la démission du président.

En réponse à ces démarches, l’ancien porte-parole de la présidence, Abou Izz-Eddine, a déclaré que l’appel à manifester est une exploitation de l’opposition aux événements historiques.

Les portes du dialogue

De son côté, le président El-Béchir a annoncé l’ouverture d’un dialogue afin de déterminer la gestion de la situation du pays, a-t-il déclaré lors d’un discours devant la réunion de la plus haute coordination du dialogue national au palais présidentiel de Khartoum.

Il a également annoncé le lancement d’un dialogue élargi avec toutes les forces politiques dans les prochains jours, et a affirmé que la porte du dialogue sera ouverte à tous ceux qui auront des suggestions au sujet des élections. Il a ajouté que la présidence de la République sera le berceau de ce dialogue et qu’un délai lui sera bientôt fixé.

Le Soudan vit depuis le 19 décembre, au rythme des manifestations condamnant les prix élevés et appelant à la démission d’El- Béchir. Le mémorandum semble pour des milliers, une solution ultime dans une action où le peuple demande que l’armée prenne part à ses volontés et se place dans son camp contre celui de la présidence.

 

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