Des dizaines de milliers de Suissesses ont battu le pavé vendredi 14 juin pour dire non aux inégalités hommes-femmes. Ça peut paraître étonnant, mais la Suisse est l’un des derniers pays occidentaux en la matière. Il arrive derrière la Bulgarie, derrière la Lettonie et même l’Afrique du Sud selon un classement du Forum économique mondial. Pour la deuxième fois de leur histoire, les Suissesses ont donc fait grève partout dans le pays pour réclamer leurs droits.

Il y a foule sur la plaine de Plainpalais, au centre de Genève. Des milliers de manifestants affluent de tous les coins de la ville. Comme il y a 28 ans, jour pour jour. La première grève des femmes en Suisse avait rassemblé 500 000 personnes. Juste avec le bouche à oreille. Depuis, peu de choses ont changé. Et les Suissesses se sentent toujours aussi mal considérées.

« Il faut relativiser. Peut-être que ce n’est pas aussi compliqué comparé à ailleurs. Il n’en demeure pas moins que la Suisse est l’un des pays qui respectent le moins l’égalité. Il n’y a pas de congé parental. Il n’y a pas assez de congés maternité. Il n’y a pas de salaire homme-femme pareil », dit à RFI Chusa Puras, infirmière et militante au syndicat des services publics.

Le nerf de la guerre, c’est bien le revenu. Les femmes touchent en moyenne près de 20% de moins que leurs collègues masculins. Mais même à salaire égal, les discriminations sont encore la règle. Vincent, médecin à l’hôpital de Genève, nous confie : « On a des salaires égaux, mais les possibilités de carrière ne sont pas les mêmes. Rien que dans les médecins-cadres ou dans les médecins adjoints aux chefs de service, la parité n’est pas du tout respectée »

Un seul élément permet de comprendre le retard pris par la Suisse sur les droits des femmes. Le droit de vote ne leur a été accordé qu’en 1971. Dans le canton d’Appenzell, elles ont même dû attendre 1991 pour voter aux élections locales. Les Suissesses le savent : il leur faudra bien plus d’une manifestation pour obtenir gain de cause.

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