lundi, octobre 26, 2020

Trump aurait accepté la proposition de la Turquie sur les S-400 russes

Lors d’une conversation avec Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump a accepté la constitution de ce groupe visant à trouver le moyen de permettre à Ankara d’acheter tant les avions de combat américains F-35 que le système de défense antiaérienne russe S-400

Le président des États-Unis, Donald Trump, a accepté l’offre turque de constituer un groupe d’étude technique conjoint afin d’examiner les inquiétudes de Washington concernant l’achat par Ankara du système de défense antiaérienne S-400 de fabrication russe, a appris Middle East Eye.

Plusieurs responsables turcs ont rapporté à MEE que lors d’un appel téléphonique avec son homologue Recep Tayyip Erdoğan mercredi, Trump a rejeté l’avis du Pentagone et du département d’État américain, qui sont opposés au groupe d’étude.

Ils craignent que l’achat du système russe par Ankara ne mette en péril les avions de combat américains F-35 que la Turquie a commandés aux États-Unis, faisant valoir que le radar du S-400 pourrait permettre à Moscou de voler des informations sensibles.

Les responsables américains de la défense ont par conséquent refusé de participer au groupe d’étude à plusieurs reprises au cours des deux derniers mois.

Mais en un seul appel téléphonique, cette politique a changé.

La Maison-Blanche et le département américain de la Défense n’ont pas répondu aux demandes de commentaires formulées par MEE.

Libération de Serkan Gölge

Cette décision est une victoire majeure pour les responsables turcs, qui ont affirmé que le groupe d’étude pourrait permettre de trouver le moyen de faire cohabiter les achats de S-400 et de F-35, lesquels revêtent une importance capitale pour les besoins de la Turquie en matière de défense à long terme.

Ankara fait partie du consortium F-35 qui développe l’avion de combat et a déjà déboursé plus d’un milliard de dollars pour s’en pourvoir.

Au cours du même appel téléphonique, Erdoğan a déclaré à Trump que le Turco-Américain Serkan Gölge, ancien scientifique de la NASA, allait être libéré de prison.

Accusé d’appartenir au groupe qui a planifié la tentative de coup d’État en Turquie en juillet 2016, Gölge était en détention préventive depuis la fin de cette année.

Il a été libéré mercredi sous contrôle judiciaire, ce qui signifie qu’il n’est pas autorisé à quitter le pays et devra se présenter régulièrement aux autorités locales.

Ce jeudi, Trump a remercié Erdoğan devant les caméras pour avoir facilité la libération de Gölge.

Les marchés ont réagi positivement à l’appel téléphonique, la livre turque gagnant plus de 2 % par rapport au dollar américain ce jeudi.

Visite d’État

Au cours de l’appel, Erdoğan a également réitéré au président américain son invitation à se rendre en Turquie pour une visite d’État.

Donald Trump a de nouveau accepté l’invitation et annoncé qu’il se rendrait à Ankara en juillet.

Plus tôt ce mois-ci, le Département d’État s’était opposé à la visite en raison du moment choisi, affirmant que cela coïnciderait avec l’arrivée du système de missiles S-400 en Turquie.

Le ministère a suggéré à la Turquie de retarder de neuf mois la livraison du système afin de faciliter la visite, mais les autorités turques ont refusé.

Erdoğan et ses proches conseillers estimaient que Trump pourrait utiliser son influence politique pour éviter une crise bilatérale liée à l’achat du S-400.

« Trump entretient de bonnes relations avec Erdoğan. Il réalise que la Turquie ne peut pas revenir sur son achat du S-400. D’autres responsables américains se démarquent de lui », a déclaré à MEE un haut responsable turc ce mois-ci.

Cependant, les responsables de la politique étrangère en Turquie et aux États-Unis s’accordent pour dire que la Maison-Blanche n’a pas beaucoup de pouvoir face aux membres du Congrès qui sont déterminés à appliquer des sanctions contre la Turquie en raison de son achat du système de missile russe.

La semaine dernière, une version finale de la loi relative aux autorisations de la Défense nationale a interdit le transfert de F-35 vers la Turquie dans le cas de l’achat par Ankara du S-400.

Les législateurs américains ont également menacé le gouvernement Trump de ratifier des lois spécifiques ciblant la Turquie si le président n’appliquait pas la loi existante qui prévoit des sanctions contre Ankara.

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