Le chef du gouvernement tunisien désigné pour la formation de la prochaine coalition gouvernementale, Habib Jemli, s’est engagé à former un gouvernement concordant avec les attentes du peuple tunisien en accord avec les résultats des élections législatives.

Jemli s’est également engagé à être impartial et neutre vis-à-vis de toutes les forces politiques, y compris le parti « Ennahdha » qui est à l’origine de sa désignation.

Dans une interview accordée, mardi, à l’Agence Anadolu, Jemli a déclaré : « Le peuple s’attend à des partis œuvrant pour la réalisation de ses attentes dans les secteurs de l’emploi, du développement régional, de l’amélioration de la qualité de vie et de la lutte contre la corruption, qui est désormais une revendication populaire pressante ».

Il a, toutefois, indiqué qu’il « n’exclut pas de s’ouvrir sur les compétences nationales faisant partie des différents partis politiques pour qu’elles contribuent à dépasser cette phase critique et cette situation financière difficile en Tunisie ».

Jemli a également exprimé sa compréhension par rapport à la revendication populaire appelant à la mise en place d’un gouvernement efficace dont la priorité est l’amélioration de la situation socio-économique.

Jemli a insisté sur la nécessité de dynamiser l’économie nationale, au point mort depuis quelques temps, ainsi que sur l’appui à l’investissement dans les secteurs, public et privé, qui est, d’après lui, le premier vecteur de création de la richesse, sans lequel, il serait difficile de résoudre la situation.

Le chef du gouvernement tunisien estime, en ce sens, que le processus de formation de son gouvernement est différent des précédentes expériences. Il s’agit d’un processus fondé sur un programme constitué d’un ensemble de réformes et d’orientations socio-économiques. Le dispatching des différents portefeuilles ministériels se fera, par conséquent, en fonction de ce programme.

**De nouvelles sources de financement :

Habib Jemli a évoqué les moyens qui seront mis en place pour réformer l’économie du pays. La politique financière de l’Etat sera, ainsi, axée sur les efforts nationaux et le potentiel de production du pays qui est actuellement à l’arrêt.

Les capitaux nationaux seront, en ce sens, sollicités et des nouvelles sources de financements internes et externes mises en place.

Parallèlement à ces mesures, son futur gouvernement poursuivra la coopération avec les institutions financières internationales à l’instar du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne. Il s’est engagé, en ce sens, à préserver l’équilibre dans la politique de l’endettement qui sera destiné uniquement aux mesures dans les secteurs vitaux et nécessaires.

Il a assuré, dans ce contexte, que l’endettement extérieur, body_abstraction faite de sa provenance, sera orienté au développement et à la création de la richesse et non aux dépenses régulières de consommation.

« Nos rapports avec les institutions financières internationales sont anciens et continuels. Ils se poursuivront car l’exclusion de l’endettement, en tant que source de financement à l’avenir, n’est pas réaliste », a-t-il indiqué à ce propos en affirmant que la Tunisie est encore dans le besoin de financements extérieures.

Jemli a exprimé sa confiance et son optimisme quant au fait que la nouvelle formation gouvernementale saura convaincre les organismes financiers internationaux grâce à ses vision et ses propositions.

Pour ce qui est des nouvelles sources de financement extérieur, le chef du gouvernement désigné, a indiqué que des recherches sont en cours. La situation se clarifiera de plus en plus après la finalisation de son programme gouvernemental et la détermination des différentes alternatives.

** Un gouvernement, deux positions

Depuis la désignation de Jemli, la scène socio-politique tunisienne est divisée entre deux positions bien distinctes. La première appelant à la mise en place d’un « gouvernement révolutionnaire » luttant contre la corruption et rompant avec les partis de l’ancien régime et la deuxième envisageant de coopérer avec ces partis prétextant la difficulté de leur exclusion. Jemli estime que ce débat manque de clarté et est vecteurs de tractations politiques nuisant au pays.

Il a assuré, en ce sens, que la situation actuelle est la responsabilité de toutes les formations politiques qui ont participé au pouvoir depuis la révolution. Il est impératif, d’après Jemli de rompre avec ce débat qui a porté atteinte aux tunisiens les engrenant dans un climat négatif.

« Je suis avec tous les courants, sensibilités et personnalités sincères avec le peuple et disposés à œuvrer pour la réalisation de ses attentes sans avoir à le diviser en fonction d’ambitions personnelles et subjectives », a-t-il ajouté.

Jemli a également affirmé que son gouvernement sera formé de personnalités politiques et non-politiques. Il s’agira d’un gouvernement au service des objectifs de la révolution avec une approche positive claire quant au traitement des difficultés économiques, des disparités régionales, de la pauvreté, du chômage, de l’éducation et de la santé.

** Une prise de conscience au service de l’intérêt du pays

En ce qui concerne les différents mouvements sociaux s’accentuant habituellement avec le début de la saison hivernale, Jemli a rassuré en indiquant que la situation est toute autre car des élections libres et indépendantes ont donné naissance à un spectre politique et parlementaire convainquant pour le peuple tunisien.

« Les Tunisiens sont, désormais, conscients de la solidité du processus politique. C’est ce qui a permis de réformer la carte politique avec une confiance dans les pratiques démocratiques pouvant répondre aux revendications populaires », a-t-il ajouté.

Jemli a également déclaré : « Le peuple s’attend à des initiatives et à des orientations socio-économiques à la hauteur de ses attentes, c’est ce qui se concrétisera prochainement, rétablissant, ainsi, la confiance et le sentiment de sécurité ».

Le chef du gouvernement désigné a, ainsi, exprimé sa confiance quant à la prise de conscience des différents partenaires sociaux à l’instar de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), plus grand organisme syndical du pays. Il s’agit selon Jemli d’un grand partenaire national qui est conscient des risques que comporte cette situation et de l’importance de la solidarité et de la coopération dans la réalisation de l’intérêt du pays.

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