mercredi, octobre 28, 2020

Une escalade des différends entre l’Égypte et la Turquie à travers des déclarations virulentes et des attaques médiatiques

Courrier arabe

Les différends entre l’Égypte et la Turquie se sont intensifiés durant la semaine dernière qui a connu des déclarations virulentes et des attaques médiatiques provenant des deux parties.

Le journaliste « Nash’at al-Dihi », proche du gouvernement a reçu dans son programme diffusée sur la chaîne « TEN » le penseur de l’islam turc et leader du mouvement « Hizmet » Fethullah Gülen, accusé de diriger la tentative déjouée du putsch menée en 2016 en Turquie.

Le journaliste égyptien a présenté Gülen comme étant « prédicateur », « savant », et « un opposant et leader turc », exprimant son étonnement sur « comment Erdoğan a osé accuser un tel savant de mener un coup d’État ? »

Lors de cet entretien, Gülen a affirmé: « le peuple égyptien éprouve une profonde affection pour le peuple turc et les deux peuples sont compatissants l’un avec l’autre, mais certains responsables turcs ont tendance à entrer dans des polémiques avec leurs homologues égyptiens sur la base de considérations à motivation politique ».

Il a poursuivi: « L’Égypte est capable de servir de modèle si elle maintient cette politique de modération, notamment avec la bonne réputation dont elle jouit. De nombreux pays, en particulier ceux de l’Afrique et certains pays du monde islamique éprouvent un grand respect pour l’Égypte et la voient comme un modèle à suivre ».

Gülen a assuré: « le commandement égyptien, avec sa maturité, est en mesure de créer une énergie collective qui pourra réaliser l’intégration régionale, s’il continue sur cette voie ».

Le mouvement « Hizmet » est classé comme étant terroriste par la Turquie qui demande aux États-Unis de l’extrader pour « sa responsabilité de la tentative déjouée du putsch ayant entraîné la mort de 250 citoyens turcs ». Des sources turques avaient accusé des parties en Égypte et aux Émirats arabes unis d’appuyer l’organisation de Gülen.

D’un autre côté, مes ministres des Affaires étrangères de Grèce, d’Égypte et de Chypre ont émis une déclaration commune à l’issue d’une réunion à New York au cours de laquelle ils ont fermement attaqué la Turquie et ont condamné « les actes illégaux commis par la Turquie dans la mer Égée et à l’est de la Méditerranée, en particulier les activités de forage, le balayage sismique et la présence militaire dans les zones maritimes à Chypre, ce qui viole de manière flagrante le droit international, la souveraineté et les droits souverains de la République de Chypre ».

Samedi passé, le ministère turc des Affaires étrangères a répondu: « nous rejetons totalement les allégations infondées contre notre pays dans la déclaration commune ».

« Les pays de cette région n’ont aucune autorité pour s’ingérer dans les questions relatives à la mer Égée et à Chypre « , a-t-il indiqué.

Suite à l’escalade des différends entre la Turquie et le Chypre autour de l’exploration du pétrole au Moyen-Orient, l’Égypte est intervenu en appuyant le Chypre et la Grèce dans toutes leurs positions contre la Turquie. Le Caire a également adhéré à l’Alliance de la Méditerranée orientale composée de la Grèce, le Chypre et Israël, que la Turquie considère comme une alliance dirigée contre elle.

Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Erdogan a soulevé à nouveau la question du décès de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, ce qui a provoqué la colère du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Le porte parole du ministère égyptien a accusé Erdogan de « dire des contre-vérités, de soutenir le terrorisme, de commettre des crimes, de perpétrer des violations des droits humains, d’appuyer des extrémistes et des groupes terroristes dans plusieurs pays et d’accueillir les Frères Musulmans et ses stands d’information ».

Le ministère turc des Affaires étrangères à son tour a répondu à son homologue égyptien en rejetant les « déclarations égyptiennes mensongères » et a dénoncé la « critique de la démocratie en Turquie par ceux qui ont pris le pouvoir par le coup d’État tragi-comique ». Il a ensuite appelé le gouvernement égyptien à « satisfaire les revendications du peuple égyptien et à renoncer à l’injustice et à la tyrannie ».

Par ailleurs, les médias turcs publics et privés ont veillé ces derniers jours à couvrir les manifestations qui réclament le départ d’al-Sissi, notamment ceux arabophones et anglophones, ce qui a provoqué la colère des médias égyptiens.

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