Le journal américain « The Washington Post » a déclaré que le président égyptien Abdel Fatah Al-Sissi est « un autre dictateur » au Moyen-Orient que le président américain Donald Trump « soutien » exactement, comme il avait fait, avec le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane.

Dans son éditorial, le journal a signalé que le président égyptien s’est permis de faire des amendements constitutionnels « qui feront de lui un dictateur pour la vie », dans un temps où il continue son emprise militaire sur le système politique égyptien, et multiplie les offenses à l’encontre de ses opposants, sachant que les prisons égyptiennes son déjà gorgées de prisonniers politiques.

Le Washington Post a parlé des accords suspects que le président égyptien supervisait comme la transaction avec la Russie où Al-Sissi a approuvé l’achat de 20 avions de chasses au prix de 2 milliards de dollars, bien que l’Egypte recevait jusqu’à 1,3 milliards de dollars d’assistances militaires de la part des Etats-Unis, ce qui signifie, selon le journal, que « l’achat des avions devra conduire l’Egypte vers de graves sanctions internationales. Mais les Etats-Unis avaient choisi de fermer l’œil ».

D’après le journal, Trump estime que « soutenir Al-Sissi est une partie du projet américain au Moyen-Orient », qui vise à organiser « un front de gouvernements sunnites pour faire face à l’influence iranienne ».

Le journal ajoute: « comme pour le cas saoudien, Trump, offre un soutien excessif à ce dictateur arabe, ce qui nécessite l’intervention du congrès pour équilibrer les rangs », en lançant un appel au congrès afin d’agir en urgence avant que la situation ne se dégrade encore plus.

Lors de l’audience tenue du ministre américain des affaires étrangères, certains sénateurs américains ont affirmé que la politique du régime égyptien s’oppose aux intérêts américains dans cette zone, notamment l’emprisonnement d’un certain nombre de citoyens américains.

Pompeo, lors de l’audience, a défendu Al-Sissi en assurant qu’il affronte des groupes terroristes dans le péninsule du Sinaï, et qu’il défend la liberté de religion en Égypte.

Toutefois, les deux experts aux affaires égyptiennes, Steven Makenbernier et Amy Hawthorn, ont souligné que le soutien d’Al-Sissi pour la minorité chrétienne dans son pays à majorité musulmane demeure un discours sans action, et qu’il existe encore plusieurs restrictions mises à l’édification des églises en Égypte et une discrimination dans l’emploi à l’égard des chrétiens.

Le journal ajoute :  » Comme c’est le cas pour l’Arabie saoudite, Trump à travers son appui irraisonnable à ce dictateur arabe, pousse les sénateurs américains de gérer leurs peurs en adoptant l’aide militaire apporté à l’Égypte, et leur exiger d’annuler l’accord avec la Russie et de libérer tous les prisonniers américains, et de diminuer les situations de répression, et si Trump refuse de prendre ces mesures, c’est au congrès de prendre l’initiative et commencer une telle démarche ».

Notant que le Parlement égyptien a approuvé, jeudi, une série d’amendements constitutionnels qui permettraient, entre autres, au président Abdel Fatah Al-Sissi de se représenter à la présidentielle en 2022 et de rester au pouvoir jusqu’en 2034.

Les amendements de ce fait offrent de nouveaux pouvoirs à un président qui s’est assuré l’alliance de Trump, de Haftar et de Ben Salmane. Le Moyen-Orient, dans de telles circonstances, promet d’être le théâtre de grandes nouvelles.

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