mercredi, janvier 27, 2021

Algérie: 3471 détenus graciés mais pas un seul manifestant du «Hirak»

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a signé ce mardi un décret graciant​ près de 3.500 personnes condamnées, une mesure de clémence qui ne concerne cependant pas les détenus liés au mouvement de contestation (« Hirak ») populaire antirégime, dont la majorité sont en attente de jugement.

Le chef de l’Etat a décidé de « mesures de grâce au profit d’un premier groupe de 3.471 détenus ou non détenus, condamnés définitivement » et dont « il ne reste de leur peine que six mois ou moins à purger », a précisé la présidence, dans un communiqué cité par l’agence officielle APS.

Des affaires « toujours en cours »

« Ce premier groupe sera suivi par un deuxième qui englobera des détenus condamnés définitivement et dont il ne reste de leur peine que douze mois ou moins à purger », selon le communiqué. Toutefois, le décret ne concerne pas les personnes incarcérées pour des faits liés au « Hirak », le mouvement de contestation qui ébranle le pouvoir depuis bientôt un an.

« Cette grâce ne va pas toucher les détenus du mouvement car la plupart n’ont pas encore été jugés », a expliqué à l’AFP Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national pour la libération des détenus (CNLD). « Il n’y aura pas de grâce pour les détenus du « Hirak » car leurs affaires sont toujours en cours », a renchéri Me Yamina Alilli, membre d’un collectif d’avocats qui les défend.

142 manifestants incarcérés

Le CNLD, une association de soutien, a recensé « 142 manifestants actuellement en détention provisoire et 1.300 autres qui font l’objet de poursuites judiciaires pour des faits liées à la campagne du scrutin présidentiel », a précisé à l’AFP Kaci Tansaout.

Selon ce dernier, plus de 200 opposants au total ont été remis en liberté, la plupart depuis le début de l’année. Le décret présidentiel exclut notamment les prisonniers condamnés pour corruption, trafic de drogue ou terrorisme, selon des médias locaux.

Les autorités algériennes procèdent habituellement à des grâces de prisonniers à l’occasion des grandes fêtes nationales comme le 5 juillet (fête de l’Indépendance) ou le 1er novembre (fête de la Révolution).

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