mardi, février 7, 2023

Damas : Aggravation de la pénurie d’électricité, l’Iran limitant l’approvisionnement en pétrole bon marché

La demande de bougies a augmenté en raison d’une grave pénurie d’électricité dans la capitale syrienne Damas et dans d’autres zones sous le contrôle du régime d’Al-Assad, sur fond de crise du carburant perturbant le fonctionnement des centrales électriques et des générateurs des particuliers.

L’infrastructure électrique de la Syrie a été gravement endommagée par les attaques intenses des forces du régime et par les affrontements entre groupes armés depuis le début de la guerre civile en 2011. La crise de l’électricité s’est toutefois exacerbée depuis le mois dernier.

L’électricité demeure néanmoins disponible sans interruption, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans les zones contrôlées par l’opposition dans les régions du nord, grâce aux compagnies d’électricité privées turques et syriennes.

La plupart des coupures de courant se produisent à Damas, l’une des régions sous contrôle du régime, selon des sources locales.

Les reporters d’Anadolu ont pris des photos des rues de la ville plongées dans le noir.

Dans la capitale, où vivent des centaines de milliers de familles, l’électricité n’est fournie qu’une heure sur douze. En revanche, dans les quartiers où vivent les responsables du régime d’Al-Assad à Damas, les coupures de courant durent au maximum deux heures par jour.

Les habitants de Damas privés d’électricité rechargent leurs batteries, leurs appareils électroniques et leurs téléphones avec l’électricité fournie deux heures par jour.

Les habitants paient des factures d’électricité d’environ 3 dollars par mois pour seulement 60 heures de consommation, alors que les salaires des fonctionnaires avoisinent les 20 dollars.

Demande accrue de bougies

En raison de la crise du carburant qui s’est aggravée depuis décembre, les habitants ne peuvent pas utiliser leurs générateurs électriques et ont recours aux bougies.

Ainsi, la demande de bougies dans les zones contrôlées par le régime a encore augmenté, doublant leur prix, puisqu’elles étaient vendues pour 500 lires syriennes (0,19 $) pièce à Damas le mois dernier.

Les familles qui luttent contre la pauvreté doivent allumer au moins trois ou quatre bougies par jour. Certaines familles dont la situation financière est meilleure essaient d’éclairer leurs maisons avec des lampes LED à piles.

Sur le marché noir de Damas, 1 dollar équivaut à environ 7 000 lires syriennes.

Restriction des importations iraniennes

Le Wall Street Journal a rapporté, le 15 janvier, que l’Iran avait restreint la fourniture mensuelle de pétrole bon marché à son allié, le régime d’Al-Assad. Citant des sources bien informées, le quotidien affirme que des responsables iraniens ont informé leurs homologues syriens du nouveau prix , fixé à 70 dollars le baril en raison de la forte demande en hiver.

L’Iran avait précédemment vendu du pétrole au régime syrien pour 30 dollars le baril, selon la même source.

Le 16 janvier, le journal syrien Al-Watan, proche du régime d’Al-Assad, a cité une source iranienne sous couvert d’anonymat, qui a démenti l’information du Wall Street Journal.

Les autorités iraniennes n’ont fait aucune déclaration officielle à ce sujet.

Après le début de la guerre civile en Syrie, l’Iran a vendu du pétrole au régime Assad à des conditions favorables.

Des infrastructures endommagées

Sinan Hatahet, chercheur au Centre Omran d’études stratégiques basé à Istanbul, a déclaré à Anadolu : « Il y avait 13 centrales électriques dans le pays avant la guerre civile en Syrie. Environ 60% d’entre elles fonctionnaient au gaz naturel, 35% au fuel et 5% à l’hydroélectricité. »

Selon lui, les centrales électriques et les infrastructures du réseau électrique à Alep, Idleb, Homs et Damas ont été gravement endommagées pendant la guerre civile. « Le fait que la crise du carburant dans la zone contrôlée par le régime ait atteint un pic est la principale raison de la détérioration de la crise de l’électricité enregistrée récemment », a-t-il précisé.

Et de poursuivre : « Il n’y a pas de gaz ou de carburant pour faire fonctionner les centrales électriques. De plus, il y a une grande perte d’énergie dans la phase de production et de distribution en raison du défaut d’entretien des centrales électriques. Ces centrales ont besoin de maintenance, mais la plupart des pièces de rechange nécessaires sont fabriquées en Allemagne et en Occident. »

Hatahet a souligné que le régime d’Al-Assad n’est pas capable de ramener le secteur de l’électricité en Syrie à son état d’avant-guerre.

SourceAgences

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