mardi, novembre 30, 2021

Des fonctionnaires du gouvernement yéménite et des Houthis, accusés « d’enrichissement illégal » (Rapport onusien)

Des experts de l’ONU ont accusé, mercredi, des responsables du gouvernement yéménite et du groupe Houthi de « corruption financière et d’enrichissement illicite ».

C’est ce qui ressort d’un rapport (examiné par l’Agence Anadolu) publié dans ce sens, par un groupe d’experts des Nations Unies sur le Yémen, concernant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2019.

Le rapport a publié des données fracassantes concernant des actes de corruption et de blanchiment d’argent effectués par des responsables houthis et d’autres membres du gouvernement yéménite.

« Les experts ont signalé une sorte de détournement effectué par des fonctionnaires de la Banque Centrale du Yémen à Aden (affiliée au gouvernement légitime) sur le taux de change de la monnaie locale, dont l’objectif est l’enrichissement illicite », explique le rapport sans préciser le noms des auteurs de ces malversations.

Et d’ajouter que « les Houthis étaient impliqués dans le transfert de fonds gelés et de fonds publics au moyen de faux contrats, au profit d’individus agissant au nom du chef du groupe, Abdul-Malik Al-Houthi », sans donner de plus amples détails.

Par ailleurs, le rapport a révélé avoir enquêté sur 53 détentions orchestrées par des Houthis, avec violation du droit international humanitaire et des normes relatives aux droits de l’homme, dont divers cas de torture et de mauvais traitements.

« Les Houthis ont commis des viols, agressions sexuelles et toutes autres formes de torture à l’égard des femmes », souligne la même source.

Dans la même optique, les experts de l’ONU ont documenté 11 cas de détention et de torture contre des femmes, dont 3 viols.

Toujours dans le même contexte, les forces yéménites fidèles aux Emirats ont commis d’autres violations, dont des actes de torture, et ce, en dehors du contrôle du gouvernement légitime.
13 arrestations arbitraires, mauvais traitements, torture et disparition forcée ont été également signalés lors de l’enquête.

En outre, 8 raids aériens menés par la Coalition arabe (dirigée par l’Arabie saoudite), ont fait 146 morts et 133 autres blessés dans plusieurs provinces du Yémen.

D’après le rapport, des correspondances ont été envoyées à l’Arabie saoudite pour en savoir davantage sur le sujet, mais aucune réponse n’a été fournie, à ce jour.

Jusqu’à 13h00 GMT, ni l’Arabie saoudite, ni les Émirats arabes unis, ni le gouvernement yéménite ou encore le groupe Houthi, n’ont publié aucun commentaire au sujet de l’enquête.

Depuis près de 7 ans, le Yémen endure une guerre, qui a engendré la mort de 233.000 personnes. 80% de la population, soit environ 30 millions de personnes, sont devenues dépendantes de l’aide pour survivre, dans la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations unies.

Depuis 2015, le voisin saoudien dirige une coalition arabe qui mène des opérations militaires au Yémen pour soutenir les forces pro-gouvernementales, face aux Houthis soutenus par l’Iran et qui contrôlent plusieurs provinces dont la capitale Sanaa.

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