mardi, janvier 19, 2021

Égypte : l’ONU condamne des « arrestations punitives » contre des défenseurs des droits de l’homme

Des experts des Nations unies en matière de droits de l’homme ont condamné, vendredi, ce qu’ils considèrent comme des « arrestations punitives » contre des défenseurs des droits de l’homme en Egypte, exhortant les autorités à les libérer « immédiatement et sans condition ».

C’est ce qui ressort d’une déclaration dans laquelle 12 experts indépendants, dont Agnès Callamard, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, ont exhorté les autorités à libérer ces personnes. Le Caire, pour sa part, a qualifié les critiques émises par la communauté internationale à l’égard de ces arrestations de « réactions et conclusions erronées » et d' »ingérence inacceptable dans les affaires intérieures du pays ».

La déclaration indique que les militants des droits de l’homme de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (ONG) « ont été arrêtés quelques jours après leur rencontre avec 13 ambassadeurs et diplomates étrangers le 3 novembre ».

Selon ses auteurs, ces « militants ont été arrêtés, apparemment, en guise de représailles pour leur entretien avec des ambassadeurs étrangers sur des questions de droits de l’homme, et ils sont poursuivis pour des faits liés au terrorisme et à la sécurité publique », selon la Commission des droits de l’homme des Nations Unies.

Parmi les militants de l’initiative qui ont été arrêtés, « le directeur exécutif de l’initiative Jasser Abdel Razek ; le directeur de l’unité de justice pénale Karim Anara, le directeur administratif Muhammad Bashir, et le chercheur Patrick Zaki ».

Les quatre hommes sont détenus dans la « prison de Tora », au sud de la capitale, Le Caire, et des « nouvelles inquiétantes » font état de la détention à l’isolement d’au moins un d’entre eux, selon la déclaration.

Les experts en matière de droits de l’homme ont ajouté, dans leur déclaration, qu' »il est absolument odieux de se venger des défenseurs des droits de l’homme (…) pour avoir simplement exercé leur droit à la liberté d’expression », et ont demandé l’abandon des charges retenues contre les quatre militants et leur libération immédiate.

Les experts ont mis en garde contre la gravité de ces arrestations « auxquelles les défenseurs des droits de l’homme en Egypte sont confrontés chaque jour dans l’exercice de leurs activités légitimes ».

Ils ont exprimé leurs regrets de voir l’Egypte continuer à utiliser la législation anti-terroriste pour cibler la société civile, malgré les appels internationaux pour y mettre un terme, et ont exprimé leur condamnation de toutes ces pratiques.

Il n’a pas été possible d’obtenir des commentaires de la part des autorités égyptiennes concernant la déclaration des experts de l’ONU.

Cependant, le ministère égyptien des affaires étrangères avait déclaré, samedi dernier, qu’il avait relevé « des réactions et des conclusions fallacieuses sur les médias et les réseaux sociaux concernant l’arrestation d’un certain nombre d’employés de l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne ».

Le ministère égyptien a expliqué que ces réactions et conclusions « anticipent les résultats des enquêtes menées par les autorités judiciaires égyptiennes ».

SourceAgences

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