lundi, novembre 23, 2020

Égypte : Revu des évènements marquants des massacres de Rabia et d’al-Nahda

Courrier arabe

À l’occasion du 7ème anniversaire des violentes dispersions des sit-in de Rabia et d’el-Nahda, le 14 août 2013 en Égypte, Courrier arabe a établi la chronologie des évènements les plus marquants, et qui ont à jamais changé l’image du pays qui se croyait vivre une ère démocratique.

Mohammed Morsi fut élu président de l’Égypte en 2012, suite à des élections décrites par les observateurs «comme transparentes et fiables pour la première fois de l’histoire du pays». Il fut ensuite victime d’un coup d’Etat militaire, orchestré par le chef de l’armée, Abdel Fatah al-Sissi, en 2013.

Toutefois, le coup d’Etat fut précédé par nombreux événements, qui ont tracés l’image du pays et que Courrier arabe expose comme suite ;

26 avril : Une campagne de rébellion fut baptisée, depuis la Place Tahrir, récoltant des signatures pour retirer la confiance au président Morsi.

21 mai : Des manifestations se lancent au soutien du président Morsi et refusant les appels de sa destitution.

23 mai : L’armée égyptienne diffuse un communiqué, annonçant vouloir intervenir sur terrain si le peuple venait à s’entretuer.

26 mai : Le président Morsi lance un discours, appelant à la réconciliation nationale.

28 mai : Des manifestations en marche, pour soutenir le président Morsi et organisation du sit-in de la place Rabia (au Caire), au moment où des manifestations se font dirigées par la rébellion devant le palais de la république et proclament le départ du président Morsi.

29 mai : La rébellion récolte 22 millions 134 mille et 465 signatures pour retirer la confiance du président Morsi (selon les déclarations de ses dirigeants).

30 mai : Les manifestants opposant au président Morsi se rassemblent à la Place Tahrir au Caire.

1 juin : Al-Sissi accorde un délai de 48 heures aux forces politiques pour résoudre la crise, sinon il annoncera une feuille de route et les mesures qu’il supervisera lui-même.
Le jour même, Morsi lance un discours, de 2h et demi, appelant «au dialogue, à la formation d’une commission pour réformer la constitution et à la réconciliation nationale».

Entre temps, des manifestants ont mis le feu au bureau des Frères musulmans et 10 victimes membres de ce dernier sont tombées.

2 juin : Morsi rejette le communiqué diffusé par l’armée, et prononce sa célèbre phrase : «Le prix de la légitimité sera ma vie». Il propose ensuite une offre pour former un gouvernement de coalition et d’autres mesures.

Le soir, des hommes armés attaquent les manifestants de la place el-Nahda et 22 personnes sont tuées.

3 juin : Al-Sissi dirige un coup d’Etat. Il annonce une feuille de route et isole le président Morsi, gèle la constitution de 2012 et charge le président de la Cour constitutionnelle, Adli Mansour de diriger le pays et de former un nouveau gouvernement.

La veille du 4 juillet : Des manifestations dirigées par les partisans Morsi éclatent et les autorités les repoussent par la force.

Al-Sissi enferme Morsi et l’équipe qui travaille avec lui au palais présidentiel.

La journée fut aussi marquée par l’arrestation de plusieurs dirigeants des Frères musulmans.

4 juillet : Le président de la Cours constitutionnelle, Adli Mansour, prête le serment comme président par intérim du pays.

L’armée annonce l’Etat d’urgence, dans les gouvernorats de Suez et au sud de Sinaï.

Coupure des médias qui soutiennent Morsi et la fermeture du bureau d’al-Jazeera au Caire.

5 juillet : l’armée égyptienne ferme le poste-frontière de Rafah qui lie l’Égypte et la Bande de Gaza.

Les partisans de Morsi lancent le «vendredi du refus» et organisent de grandes manifestations. Les autorités ripostent et font 36 morts et des centaines de blessés par balles parmi les manifestants.

8 juillet : «Massacres des gardes de la république», 51 personnes ont été tuées et 435 autres blessés, par les gardes de la république, alors qu’elles faisaient la prière de l’aube pendant le mois de Ramadan.

9 juillet : Le président par intérim lève le voile sur une annonce constitutionnelle qui inclue 33 articles quadrillant la phase transitionnelle.

12 juillet : L’administration américaine du président Barak Obama demande aux autorités de «libérer Morsi et de mettre fin aux interpellations des dirigeants des Frères musulmans».

13 juillet : Le procureur général accuse Morsi «d’espionnage, d’incitation à la violence et d’avoir ruiner l’économie du pays».

14 juillet : Al-Sissi parle à la télévision et justifie les actes de l’armée.

Le jour même, al-Baradai, est nommé président par intérim.

19 juillet : Après la prière du vendredi, les partisans de Morsi organisent des manifestations, dans tout le pays.

22 juillet : Les partisans de Morsi se font attaqués et deux d’entre eux se font tués par balle.

La famille de Morsi accuse l’armée «d’avoir kidnappé le président».

24 juillet : Al-Sissi demande au peuple de manifester à la Place Tahrir, afin qu’il puisse intervenir «pour lutter contre le terrorisme potentiel».

26 juillet : Les partisans d’al-Sissi se rassemblent à la Place Tahrir.

Des inconnus encerclent les partisans de Morsi, dans la mosquée Qaid Ibrahim à Alexandrie. 10 de ces derniers sont tués et 400 autres blessés par balle.

27 juillet : «Massacres Al-Minassa». Au Caire, les forces putschistes et des hommes armés vêtus en civil attaquent les partisans de Morsi. 130 sont tués et des dizaines sont blessés.

1èr août : Les États-Unis reconnaissent le coup d’Etat d’al-Sissi et affirment que «l’implication de l’armée légitimée par la demande du peuple et avait sauvé le pays d’une crise imminente».

14 août : Massacres de la dispersion, à 6h30 du matin, les forces de l’armée et de la police envahissent la place de Rabia et d’el-Nahda. Elles sont équipées de véhicules militaires, de blindés, de grues et de diverses armes pour disperser le sit-in.

À 8h00, les forces de l’ordre commencent à lancer des bombes lacrymogènes.

À 9h00, les forces avancent pour disperser la foule et font appel à la violence. Des snipers apparaissent sur les toits des immeubles aux alentours et les tentes ont été incendiées. Des milliers de victimes sont tombées.

Vers l’après-midi, les forces de l’ordre encerclent l’hôpital de campagne et la mosquée de installés à Rabia. À l’hôpital, elles chassent les blessés et prennent possession des corps des victimes et à la mosquée, elles interpellent des dizaines de personnes, avant de mettre le feu dans les lieux.

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