mercredi, novembre 25, 2020

Irak : Les massacres d’al-Farhatiah vont-ils replonger le pays dans l’obscurité ?

Courrier arabe

L’Irak, a été secoué par «les massacres d’al-Farhatiah», après que la police de la province de Salâh ad-Dîn avait annoncé hier, samedi, avoir trouvé 8 cadavres de citoyens irakiens, une heure après qu’ils furent enlevés avec 4 autres, et alors que les recherches se poursuivent pour trouver ces derniers, le Premier ministre a envoyé une commission sécuritaire pour ouvrir une enquête et juger les responsables.

Le chef de la police de Salâh ad-Dîn, le capitaine Kindil al-Jabouri, a déclaré aux médias locaux : «La police d’urgence a trouvé 8 cadavres appartenant à des citoyens de la région d’al-Farhatiah, affilié à la direction juridique de Balad, au sud de Tikrit».

Il signala que «les dépouilles trouvées étaient celles de 8 personnes, à l’origine des 12 enlevées par des forces armées inconnues», et indiqua que «le sort des 4 restantes est toujours inconnu».

Les médias ont raconté que «le maire de Salâh ad-Dîn avait déposé une «demande urgente» auprès du bureau du directeur général des forces armées Mustafa al-Kadhimi, lui demandant d’ouvrir une enquête en urgence».

«Le maire raconta que samedi après-midi, des forces armées inconnues avait enlevé 12 jeunes hommes citoyens d’al-Fartah, et les ont emmené vers une destination inconnue, et affirma qu’une heure seulement après leur disparition, les cadavres de 8 d’entre eux avaient été retrouvés, indiquant qu’ils avaient été liquidés et que tous les corps portaient des tirs de balles dans la tête et au niveau tors», notèrent les médias locaux, en rapportant les propos du maire.

Al-Kadhimi envoie une commission sécuritaire

Dès lors, le conseil ministériel de la sécurité nationale, présidée par al-Khadhimi, a tenu une réunion d’urgence, dénonçant «l’attaque terroriste» qui s’est produite à Balad.

Le bureau communicationnel du Premier ministre nota lors d’un communiqué, que «durant la réunion, al-Kadhimi ordonna l’envoi d’une commission sécuritaire sur les lieux, la chargeant de présenter en urgence un diagnostic et un rapport détaillé concernant le massacre et l’ordonnant de travailler à poursuivre les criminels».

«Al-Kadhimi avait également ordonné de soumettre les responsables des forces de l’ordre se trouvant sur terrain à l’enquête, les accusant de ne pas mener leur devoir correctement», avait ajouté le communiqué, en soulignant que «le conseil affirma que les violations sécuritaires qui se sont produites ne passeront pas inaperçues, et signala que des mesures urgentes seraient entreprises à leur sujet».

De sa part, al-Kadhimi nota sur son compte officiel Twitter : «Pas de retour au massacre communautaire, et un Irakien ne doit pas s’en prendre à un autre Irakien pour des fins politiques. Nous avons dépassé cette étape et nous ne reviendrons pas en arrière».

Il ajouta : «Les massacres de Balad sont intolérables et les attaques du siège du parti Démocrate du Kurdistan sont refusées, ainsi que toute autre attaque menée contre les Irakiens», tout en signalant : «Nous avons interpellé certains des coupables et nous poursuivons les autres, pour instaurer la justice».

Les Irakiens en colère  

L’affaire a soulevé le pays, et a déclenché la colère des Irakiens qui se sont déchainés sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, plusieurs ont exprimé leur indignation, accusant «des groupes armés» d’avoir commis le crime.

Certains estimèrent que «le massacre prouvait la nécessité d’instaurer la sécurité publique, pour barrer la route au prédateurs qui en veulent au peuple irakien», alors que d’autres ont repris le tweet : «Rien de nouveau en Irak, hormis le fait qu’un sourire disparaît chaque jour d’une maison», priant Dieu «pour qu’il soit clément avec le pays».

De son côté, le député Raad al-Dahlage nota : «Le massacre à Balad n’est pas le premier de son genre, et il ne sera pas le dernier des crimes que les milices communautaires vont commettre», signalant qu’«al-Kadhimi devait mettre fin à cette mascarade, s’il voulait poursuivre l’opération politique dans sa forme reconnue internationalement».

«Il devra exclure les parties armées des provinces, ou nous seront obligés de recourir aux choix constitutionnels», avait-il ajouté d’un ton menaçant.

Aussi le député, Falah al-Zaidan nota : «Nous ne serons pas le projet permanent des assassinats menés par les milices communautaires».

Il ajouta : «Si le directeur général des forces armées ne prend pas de mesures sévères et urgentes, en excluant les milices des provinces, nous nous défendrons et nous prendrons les parcours constitutionnels qui garantiront nos droits», tout en soulignant : «Le crime de Balad ne passera pas inaperçu et nous ne négocierons pas le sang de nos proches».

Toutefois, il importe de noter, que l’identité des victimes n’a pas été évoquée, et personne ne sait encore s’ils avaient des appartenances politiques ou s’ils étaient impliqués dans quelconque affaire.

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