mardi, janvier 25, 2022

L’Arabie saoudite a utilisé le logiciel israélien Pegasus pour espionner le chef du Parlement tunisien

Le site britannique « Middle East Eye » (MEE) a révélé que l’Arabie saoudite a eu recours au logiciel espion « Pegasus » conçu par la firme israélienne « NSO » pour surveiller le président du Parlement tunisien et leader du mouvement « Ennahdha », Rached Ghannouchi.

« Le numéro de téléphone de Ghannouchi est l’un des 50 000 numéros trouvés sur une liste obtenue par le consortium d’investigation « Forbidden Stories » et l’ONG « Amnesty International », a fait savoir MEE.

Les clients de la société de technologie israélienne auraient ciblé les utilisateurs de ces numéros depuis 2016.

Les deux organisations mentionnées ont enquêté sur les victimes du système d’intelligence informatique « Pegasus ».

« Forbidden Stories » a informé Ghannouchi que son numéro de téléphone principal figurait sur la liste des numéros ciblés par Pegasus.
L’Organisation à but non lucratif a déclaré également à MEE que le téléphone de Ghannouchi avait été sélectionné pour être surveillé par un client en Arabie saoudite en 2019.

Il n’est pas encore confirmé si « Pegasus » aurait réussi à infiltrer le téléphone de Ghannouchi, selon la même source.

Ledit client qui collabore avec la firme israélienne NSO, a également visé de hauts responsables en Turquie, aux Émirats arabes unis et au Liban, ainsi que de nombreux opposants à la monarchie saoudienne, ce qui laisse entendre que le client en question est un opérateur saoudien.

Commentant l’affaire, Ghannouchi a déclaré à MME, « Je suis consterné qu’un pays frère cible le président d’un Parlement démocratiquement élu. C’est une chose inadmissible et j’exhorte les services de sécurité tunisiens à enquêter sérieusement sur cette affaire ».

Et le chef de file du mouvement Ennahdha de poursuivre, « Il s’agit d’une nouvelle attaque contre notre Parlement et nos institutions démocratiques. Même si les forces antidémocratiques tentent de saper les revendications de notre peuple, la Tunisie continuera d’être une source d’inspiration pour tous les partisans de la démocratie dans notre région et dans le monde ».

Le site britannique MEE a essayé de joindre à plusieurs reprises la société israélienne « NSO » et l’ambassade saoudienne à Londres, pour recueillir leurs commentaires sur cette affaire, mais il n’a pas reçu de réponse jusqu’à maintenant .

Le journal britannique « The Guardian » avait publié le mois dernier les résultats d’une enquête menée par 17 médias, selon lesquels le programme d’espionnage israélien « Pegasus » s’était largement répandu dans le monde et avait été « utilisé à mauvais escient ».

L’enquête a indiqué que les gouvernements de 10 pays au moins, sont parmi les clients de la firme israélienne « NSO », dont le Maroc et l’Arabie saoudite, alors que Rabat et Riyad ont infirmé les accusations d’espionnage des téléphones de personnalités publiques et étrangères, en utilisant l’un des logiciels de Pegasus.

« Pegasus » est utilisé pour espionner les militants des droits humains, avocats, politiques, journalistes et surveiller les e-mails, récupérer des photos et enregistrer des conversations, après que leurs téléphones ont été piratés.

Implantée à Tel-Aviv, la firme israélienne « NSO » a été créée en 2010, et compte environ 500 employés.

SourceAgences

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