Le GNA libyen face à «l’injustice» de la Ligue des États arabes et «les violations» du régime syrien

Courrier arabe

Le ministère des Affaires étrangères du Gouvernement d’union nationale libyen (GNA) a déclaré que le rapport final du conseil de la Ligue des États arabes était «injuste», en culpabilisant la Turquie et fermant l’œil sur l’implication sanguinaire des autres pays arabes. Il a également attaqué le régime syrien, pour avoir livré l’ambassade libyenne à Damas, aux mains du Gouvernement de Tobrouk, fidèle à Khalifa Haftar.

«Le rapport final de la Ligue condamne le soutien offert par la Turquie aux Libyens et justifie l’ingérence des autres pays arabes, l’assassinat des innocents et le bombardement des civils qu’ils ont commis», avait communiqué le ministère des Affaires étrangères du GNA, selon plusieurs médias libyens.

Clairement déçu par la complicité et le soutien qu’avaient accordé les pays arabes au général à la retraite Khalifa Haftar et à ses alliés, le ministère libyen affirma qu’il restait sur ses réserves, concernant le rapport final qu’il estima «injuste».

Ce rapport fut publié suite aux travaux de la 153ème session du conseil de la Ligue des États arabes, tenue au Caire au niveau des ministres des Affaires étrangères, pour préparer le sommet arabe prévu prochainement à Alger et qui fut retardé à cause de la propagation du Coronavirus dans la région.

La session avait également étudié la question palestinienne, le dossier libyen et les évolutions régionales, qui font l’objet de l’intérêt commun des pays.

Damas a choisi le camp de Haftar

Dans un contexte proche, le régime syrien a livré, aujourd’hui mercredi, l’ambassade libyenne fermée depuis des années, au gouvernement de Tobrouk, fidèle à Khalifa Haftar, qui prévoit de relancer ses activités très prochainement.

Aussitôt, le MAE du GNA a dénoncé la décision, estimant qu’elle constituait «une violation aux lois internationales et à la souveraineté nationale libyenne», selon un communiqué diffusé aujourd’hui sur sa page Facebook.

Le ministère appela le Conseil de sécurité de l’ONU et sa Commission de sanction «à entreprendre toutes les mesures pour mettre fin au scandale», insistant sur le fait que l’ambassade libyenne était une partie de la souveraineté nationale de Tripoli.

La livraison de l’ambassade s’est présentée après la visite qu’avait entreprise un comité envoyé par Haftar à Damas, dans le but de renforcer l’alliance avec le régime syrien, afin de lutter contre l’implication turque qui s’extensive de jour en jour dans les deux pays, appuyant de chaque côté, les adversaires des deux camps.

La rapidité de l’action démontre qu’al-Assad et Haftar semblent avoir plusieurs autres raisons pour véhiculer leur approche, notamment le soutien de Moscou dont ils jouissent tous les deux, sans se soucier s’il était clair voyant ou depuis les coulisses.

Toutefois, cette alliance surprise et imprévue se présente au moment où la tension ne cesse de monter entre Moscou et Ankara à Idlib, au nord-ouest de la Syrie. La première s’étant engagée aux côtés du régime et la deuxième soutenant le peuple syrien et l’opposition armée.

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