dimanche, août 1, 2021

Prince héritier saoudien : « Nous aspirons à de bonnes relations avec l’Iran »

Le prince héritier saoudien Mohammed Bin Salman a déclaré que son pays « aspire à avoir de bonnes relations avec l’Iran ».

C’est ce qui ressort de l’interview télévisée accordée par Bin Salman mardi soir.

Concernant Téhéran, qui fait l’objet de critiques saoudiennes répétées ces dernières années, le prince héritier a déclaré : « L’Iran est un pays voisin et nous aspirons à avoir de bonnes relations avec lui. »

« Nous voulons un Iran prospère avec lequel avoir des intérêts mutuels, mais notre problème avec ce pays, ce sont ses agissements négatifs tels que son programme nucléaire ou le soutien aux milices hors-la-loi dans certains pays de la région et le programme de missiles balistiques », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « Nous travaillons avec nos partenaires pour remédier à ce problème, et nous espérons le surmonter et avoir une relation bonne et positive avec tout le monde. »

Le prince héritier saoudien n’a pas donné de détails sur ses entretiens avec lesdits partenaires, mais le Financial Times a récemment indiqué qu’une délégation saoudienne avait rencontré une délégation iranienne, le 9 avril, dans la capitale irakienne, Bagdad.

Selon la même source, les discussions secrètes entre l’Arabie saoudite et l’Iran ont porté sur l’apaisement des tensions entre les deux pays, les attaques des Houthis contre le royaume et l’accord sur la tenue d’un nouveau cycle de négociations.

Abordant la question yéménite, le prince héritier saoudien a déclaré que son pays « n’acceptera pas la présence d’une milice hors-la-loi à ses frontières », en référence au groupe rebelle Houthi.

« Nous espérons que les Houthis se joindront à la table des négociations avec toutes les composantes de la scène yéménite, afin de parvenir à des solutions qui garantissent les droits de chacun et les intérêts des pays de la région », a-t-il déclaré.

Le Yémen est en proie, depuis près de sept ans, à une guerre entre les forces pro-gouvernementales, soutenues par une coalition militaire arabe conduite par l’Arabie saoudite, d’un côté, et les Houthis soutenus par l’Iran, qui contrôlent plusieurs provinces, dont la capitale, Sanaa, depuis septembre 2014, de l’autre.

Interpellé sur le fait de savoir si Washington a tourné le dos à Riyad, il a répondu que « la marge de désaccord est très naturelle (…) et que le consensus saoudien avec l’administration du président américain Joe Biden est de 90 % », précisant que « cette marge de désaccord est susceptible d’augmenter ou de diminuer. »

Réagissant à une question sur d’éventuelles pressions américaines sur Riyad, le prince héritier saoudien a affirmé que le royaume « rejette toute ingérence dans ses affaires intérieures », sans préciser si ces pressions existent.

Bin Salman a répondu à une question sur la campagne saoudienne contre l’extrémisme, en affirmant que « l’extrémisme en toutes choses n’est pas admissible. »

S’agissant de  »l’incarcération d’un groupe de ces [extrémistes] », il a déclaré que l’Arabie saoudite « constituait une cible principale pour les projets extrémistes parce qu’elle est la destination des musulmans. »

« Durant les années cinquante à soixante-dix du siècle dernier, il y avait des projets de panarabisme et de socialisme qui ont donné aux groupes extrémistes l’occasion d’atteindre diverses positions dans le pays, ce qui a entraîné des conséquences fâcheuses », a-t-il déclaré sans donner plus de détails.

Et de poursuivre : « Nous ne pouvons pas nous développer aujourd’hui ni attirer des capitaux et du tourisme avec l’existence d’une idéologie extrémiste en Arabie saoudite, et donc ce projet extrémiste doit être éradiqué, (…) et quiconque embrasse l’extrémisme commet un crime qui sera sanctionné par la loi. »

Les autorités saoudiennes ont arrêté d’éminents prédicateurs et militants islamiques du pays en septembre 2017, notamment Salman al-Ouda, Awad al-Qarni et Ali al-Omari, accusés de « terrorisme et de complot contre l’État », alors que des personnalités et organisations internationales et islamiques ont appelé à leur libération.

SourceAgences

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