jeudi, novembre 26, 2020

Soudan : l’opposition rejette les conclusions de l’enquête sur la dispersion meurtrière du sit-in de Khartoum

Courrier Arabe

Selon le chef de la commission d’enquête sur la dispersion meurtrière du sit-in de Khartoum Mawlana Fath Errahmane, il s’est avéré que deux officiers des forces d’appui rapide (RSF) et de sécurité n’ayant reçu aucune directive ont décidé de nettoyer la zone de la capitale connu sous le nom « Colombie ».

Il explique que ces deux officiers ont été instruits de ne pas intervenir, mais ils ont désobéi aux ordres et ont mobilisé les forces anti-émeute liées aux forces d’appui rapide, et leur ont ordonné de flageller les manifestants.

Fath Errahmane a précisé que ces forces de sécurité ont outrepassé leurs rôles en faisant irruption dans la place du sit-in et en tirant, entraînant la mort de dizaines de personnes.

Le président de la commission d’investigation a déclaré que 87 personnes ont été tuées et 168 autres blessées le 3 juin dernier lors de cette dispersion du sit-in.

Toutefois, il faut noter que ce bilan contredit celui établit par la Commission centrale des médecins soudanais qui a dénombré plus de 120 morts et près de 500 blessés.

Les Forces de Liberté et du Changement rejettent ces conclusions

De leur côté, les Forces de Liberté et du Changement, fer de lance de la révolution au Soudan, ont rejeté les résultats de la commission d’investigation liée au parquet général, insistant sur la nécessité d’ouvrir une enquête indépendante avec un contrôle régional.

Le parti du congrès national a indiqué dans un communiqué: « comme attendu, la commission d’investigation ne nous a pas déçu. Elle a publié un rapport rédigé dans le seul but de dissimuler les faits et les enterrer sous les décombres ».

Le leader dans les Forces de Liberté et du Changement Abass Madani a écrit sur sa page Facebook: « les conclusions de la commission d’investigation ne pourront pas empêcher l’établissement d’une commission d’enquête indépendante ».

La reprise des négociations

Des médias soudanais ont annoncé que la reprise des négociations entre le Conseil militaire et les Forces de Liberté et du Changement est prévue ce samedi.

Le parti du Congrès national a publié le projet de Constitution à négocier portant notamment sur la période de transition et les pouvoirs conférés au Conseil souverain et au premier ministre. Cependant, le Conseil militaire n’a émis aucun commentaire officiel au sujet de ce projet.

Le 17 juillet dernier, les deux parties ont signé l’accord sur la déclaration politique, tandis que la déclaration constitutionnelle a été reportée à une date ultérieure.

Pendant ce temps, le chef adjoint du Conseil militaire Mohamed Hamdan Dogolo et des membres des Forces de Liberté et du Changement sont arrivés à Juba, capitale du Soudan de sud.

Une source a affirmé à Al-Jazeera que la délégation va rencontrer des chefs de factions armées qui n’ont pas participé aux pourparlers de Khartoum. Cette rencontre vise à les convaincre de rejoindre les négociations.

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