vendredi, novembre 27, 2020

Tunisie: plusieurs députés réclament le retrait du Chef du gouvernement

Une commission parlementaire tunisienne a annoncé, mardi, qu’elle examine, actuellement, une requête formulée par plusieurs députés, réclamant le retrait du Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, de son poste et la délégation de ses prérogatives à l’un des ministres, jusqu’à la fin des enquêtes diligentées dans son affaire de conflit d’intérêt.

C’est ce qui ressort de la première réunion de la commission parlementaire ad hoc d’enquête sur les soupçons de conflit d’intérêts de Fakhfakh, après l’annonce officielle de sa formation, mardi, par le président du parlement Rached Ghannouchi.

Le président de la commission, Iyadh Elloumi, a dans des déclarations faites en marge de la réunion, indiqué que la « requête de retrait de Fakhfakh est sérieuse et la commission envisage de l’examiner. Un rapport préliminaire sur l’action de la commission sera livré dans deux ou trois jours ».

Et Elloumi de poursuivre : « La commission examinera deux axes, en l’occurrence, le conflit d’intérêts, et les soupçons de corruption dans les marchés conclus par les sociétés du Chef du gouvernement qui sont contraires à la Loi sur les marchés publics ».

« Il existe de véritables soupçons que le cahier de charges (pour l’obtention du marché) a été élaboré sur mesure pour que les sociétés, dans lesquelles Fakhfakh possède des actions et des intérêts, obtiennent les marchés. De même, il y a des contrats qui ont été conclus alors qu’il (Fakhfakh) est en cours d’exercice de ses fonctions », a détaillé Elloumi.

« La commission a décidé de tenir plusieurs séances d’audition pour plusieurs parties afin de vérifier les soupçons du conflit d’intérêts », a-t-il poursuivi.

Il convient de noter que la demande de « retrait » n’est suivie d’aucun effet juridique et ne sera pas contraignante pour Fakhfakh en cas d’approbation de la décision par la commission.

Fakhfakh avait réfuté, au cours d’une séance de dialogue avec le parlement, tenue il y a de cela une dizaine de jours, les accusations portées à son encontre concernant les « soupçons de conflit d’intérêts et de corruption ».

L’Instance de Lutte contre la Corruption (constitutionnelle indépendante) avait, de son coté, relevé qu’il « existe des soupçons de conflit d’intérêts de Fakhfakh au sujet de sa possession d’actions dans des sociétés qui traitent avec l’Etat ».

L’Instance a indiqué, également, que ces sociétés ont conclu des marchés avec l’Etat, ce qui est formellement interdit par la loi.

SourceAgences

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