Tunisie : Les habitants du sud proclament des emplois et une escalade à l’horizon  

Courrier arabe

En Tunisie, les habitants de la ville de Tataouine, au sud du pays, ont lancé un mouvement pacifique, proclamant l’activation d’un accord signé avec le gouvernement au sujet du recrutement des jeunes de la région, et menaçant de fermer la station de pompage de pétrole si leurs demandes ne sont pas prises en compte.

Ce mouvement se présente en réponse à l’appel lancé par Tarik Haddad, le porte-parole de la Coordination du sit-in d’el-Kamour, qui avait demandé aux habitants de protester après que des jeunes de la Coordination ont été traduits à la justice, à l’ombre des précédentes protestations.

Haddad avait accordé aux autorités un délai de 3 jours pour présenter l’accord signé l’an dernier, menaçant de pousser l’affaire vers une escalade imminente et de fermer les routes qui mènent vers les compagnies pétrolières se trouvant au Sahara.

Il avait également signalé «être étonné par le silence du président Kaïs Saïed, bien qu’il avait reçu les jeunes, au début de l’an dernier, pour écouter leurs problèmes».

Le mouvement du travail

Le mouvement des jeunes proclamant des emplois, a éclaté le 15 mars 2020. À l’époque, les protestataires avaient fermé la station de pompage de pétrole, et avaient tenté d’organiser un sit-in sur place.

Le gouvernement de Mechichi était intervenu et avait signé un accord avec eux, le 8 novembre, promettant de recruter 1000 chômeurs et de purger 28 millions de dollars chaque année au profit de la Caisse de développement de la ville de Tataouine.

Toutefois, bien que l’accord fût annoncé, les autorités n’ont pas tenu leurs engagements, et son application est toujours en instance.

Il est à signaler que les chômeurs tunisiens se révoltent dans plusieurs parties du pays, depuis vendredi, après que le président ait refusé d’activer l’article 38 qui imposa leur recrutement.

Au centre du pays, à Siliana, à l’ouest du pays les jeunes ont barré les routes, à Kasserine et à Gafsa, les manifestants ont envahi les bureaux de wilayas, exprimant leur dénonciation aux décisions du président. Les jeunes de Kasserine ont entamé une grève de la faim, proclamant des emplois.

Dès lors, le président du parti des Travailleurs a critiqué le président du pays, signalant que «le gestion d’un pays se faisait par des programmes politiques et non pas par des discours vides».

Il avait estimé lors de déclarations présentées à la radio locale, radio Sbeitla FM, «les évènements du 25 juillet sont de l’anti-révolution qui avait permis à Saïed de prendre le pouvoir du pays».

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