samedi, décembre 5, 2020

Brésil: les feux en Amazonie constituent une « crise internationale »

Les feux de forêt en Amazonie sont devenus une crise internationale, l’ONU et le chef de l’État français interpellant vivement le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a vertement répliqué à Emmanuel Macron.

Jair Bolsonaro n’y est pas allé de main morte contre Emmanuel Macron qu’il a accusé d’avoir « une mentalité colonialiste », après qu’il a donné rendez-vous aux membres du G7 pour « parler de l’urgence » des feux en Amazonie à Biarritz ce week-end.

Dans deux tweets successifs, Bolsonaro a accusé Macron d’« instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens » avec « un ton sensationnaliste qui ne contribue en rien à régler le problème ».

« Le gouvernement brésilien reste ouvert au dialogue, sur la base de faits objectifs et du respect mutuel », a écrit le président d’extrême droite. « La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle », a-t-il ajouté.

Macron et l’ONU s’inquiètent de la situation

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déclenché la salve d’appels à sauver l’Amazonie en se disant sur Twitter « profondément préoccupé » par les incendies sévissant dans la plus vaste forêt tropicale du monde, dont 60% se trouvent en territoire brésilien. « En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité », a écrit Antonio Guterres, réclamant que l’Amazonie soit « protégée ».

Peu après, c’est le président français qui exprimait son inquiétude, lui aussi avec un tweet, malencontreusement illustré d’une image prise par un photographe décédé en 2003, comme beaucoup d’autres tweets. « Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence ».

Des manifestations prévues

Des manifestations sont prévues pour l’Amazonie ce vendredi 23 août, à Sao Paulo et Rio. Le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, « Fridays for Future », a appellé à manifester devant les ambassades et consulats du Brésil à travers le monde.

Si l’avancée des feux dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2 500 nouveaux départs de feu en l’espace de 48 heures dans l’ensemble du Brésil. La déforestation, qui avance rapidement, est la principale cause des départs de feu.

À 3 000 km de l’Amazonie, à Sao Paulo, on ressent les effets de ces feux de forêt rapporte notre correpondant sur place, Martin Bernard. Lundi 18 août par exemple, vers 15h le ciel s’est obscurcit comme si la nuit était tombée. Il s’agissait de gros nuages noirs qui ont plongé la ville dans l’obscurité. Des nuages chargés de particules provenant des incendies de la forêt amazonienne.

Bolsonaro convoque une réunion de crise

Bolsonaro a récemment accusé des ONG d’être à l’origine de ces feux de forêt. Des propos qui ont soulevé l’indignation dans le camp des écologistes. Le gouvernement tente malgré tout de passer à l’action pour réagir à la catastrophe écologique. Après avoir dit que le gouvernement ne pouvait pas grand chose pour contenir les flammes, Jair Bolsonaro a convoqué une réunion de crise pour tenter de coordonner les actions sur le terrain.

Les membres du gouvernement gardent un ton très offensif, à l’image d’Onyx Lorenzoni, qui occupe un poste équivalent à celui de Premier ministre. « Si je vais me rendre sur le terrain ? Non, je vais aller voir des choses plus importantes, comme l’opération montée pour accueillir les réfugiés vénézuéliens », a-t-il déclaré.

Onyx Lorenzoni accuse l’Europe de propager de fausses informations et de vouloir utiliser les incendies comme un prétexte pour limiter les exportations agricoles brésiliennes. Selon lui, les Européens utilisent l’environnement comme une arme de politique commerciale

SourceRFI

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