jeudi, décembre 3, 2020

«Des avions émiratis, maintenus par des compagnies françaises, avaient bombardé des civils en Libye», déclare Mediapart

Courrier arabe

Le site Mediapart a déclaré que «des avions émiratis, ayant  bombardé des civils en Libye, étaient maintenus par des compagnies françaises», dénonçant la complicité de la France et son engagement indirecte dans les conflits étrangers, sans respecter les lois internationales.

«La relation que la France entretient avec les fabricants d’armes et leurs riches agents étrangers est soigneusement cachée, car les clauses relatives à la maintenance restent secrètes bien que primordiales lors de la signature des contrats d’armement», nota le site.

Il indiqua avoir entrepris une investigation, en collaboration avec Arte et Light House Reports, en septembre 2019, s’intéressant à l’exportation des armes fabriquées en France, et soulignant avoir mis la lumière sur les services d’après-vente offerts par les compagnies françaises (avec l’autorisation du gouvernement) aux armées étrangères impliquées dans des conflits dénoncés par la communauté internationale et au sujet desquels le Conseil de sécurité de l’ONU avait lancé des décisions.

L’implication de la France fait parler d’elle

Le site a souligné : «Les Emirats arabes unis (EAU) n’ont jamais caché le soutien qu’ils accordent à Khalifa Haftar, le chef de « l’armée nationale libyenne », soutenu également à l’ombre par Paris, depuis plusieurs années», dénonçant le «double jeu où officiellement la France reconnait le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Tripoli».

Il a indiqué : «Anwar Gargash, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, avant depuis quelques mois avait noté : «En Libye, nous ne travaillons pas seuls, nous sommes côtes à côtes avec les Égyptiens et les Français et d’autres pays»», affirmant que «désormais il était difficile pour Paris de continuer à prétendre soutenir le GNA».

Les avions impliqués en Libye

Le site signala que la première partie de son investigation s’était centrée sur l’implication des avions de type «Mirage 2000-9», dans la guerre en Libye, où les Nations unies avaient imposé un blocus d’armement depuis 2011, conformément à la décision 1970 du Conseil de sécurité.

«Le blocus imposé en Libye est régulièrement violé, certains pays en sont punis, alors que d’autres s’émancipent», avait-il noté, en donnant l’exemple, «des avions émiratis, Mirage 2000-9, opérationnelles sur les terres libyennes depuis plusieurs années, et qui décollent depuis des bases militaires égyptiennes».

Il ajouta : «En 2017, les forces aériennes égyptiennes avaient utilisé des avions de type Rafale, que leur avait vendus la France, pour frapper les villes libyennes de Derna et de Houn, pour soutenir les forces de Haftar».

«Aussi, les experts de l’ONU chargés de suivre le dossier libyen, estiment qu’il était fort probable que l’un des avions émiratis, Mirage, soit responsable de l’attaque menée sur le centre de détention des immigrés à Tadjoura à Tripoli», avait-il continué, en précisant que «bien que l’attaque ait fait 43 morts, selon les autorités du GNA, et qu’elle constitue une violation des lois 14 et 15 de la loi humanitaire internationale, les avions Mirage 2000-9 sont maintenus par des compagnies françaises».

Les compagnies de maintenance et l’implication légiférée

Mediapart affirma que «les compagnies concernées n’avaient pas répondu aux demandes d’explication, qui leur furent lancées», soulignant «qu’elles se contentèrent de préciser que le gouvernement français les autorisait à signer des contrats de maintenance».

«Pour les compagnies de maintenance, le blocus imposé en Libye concerne les livraisons d’armes et les activités d’entrainement et d’aide militaire. Elles estiment que les contrats qu’elles signent avec les forces armées émiraties ne sont pas concernés par la loi 1970, car ils sont exclusivement conclus aux EAU et pas en Libye», avait-il expliqué.

Il ajouta : «Il est inacceptable que la France affiche une politique étrangère avec le Conseil de sécurité, d’un côté, et pratique une politique commerciale et militaire qui la contredise, de l’autre», appelant le gouvernement français à «suivre de près les activités des compagnies françaises pratiquant le commerce d’armes et à les mettre en garde contre les risques de leur politique qui peut s’élever au rang de crime de guerre».

Au final, le site espéra que des mobilisations sérieuses puissent dissiper l’obscurité qui entoure ces pratiques, appela au respect des lois internationales et humanitaires.

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