Égypte: une nouvelle vague d’exécutions attendue après l’Aïd al-Fitr

Courrier arabe

Des sources judiciaires égyptiennes ont affirmé que les services de sécurité attendent la fin du congé de l’Aïd qui débutera demain lundi pour l’exécution de 17 civils dont le jugement a été rendu il y a quelques jours par le tribunal militaire dans l’affaire des attentats à la bombe contre trois églises survenus en 2017.

La Cour suprême des recours militaire a confirmé le jugement du tribunal pénal militaire d’Alexandrie: exécution par pendaison de 17 personnes accusées, peine à perpétuité pour 19 personnes dont une femme, peine de 15 ans de prison pour 8 accusées dont un enfant, et enfin une peine de 10 ans de prison contre un autre accusé.

L’ordonnance de renvoi délivrée par le parquet militaire a accusé Izzat al-Ahmar, Mohab Mostafa et Amrou Saâd Abass de diriger un groupe créé en violation des dispositions de la loi dans le but de troubler l’ordre public, empêcher les institutions de l’État d’exercer leurs fonctions et d’atteintes aux libertés individuelles.

Le tribunal militaire a accusé ces trois personnes avec Walid Abou Al Majd de financer ce groupe. Elle a également accusé Hamada Jomaâ, Mohamed Mobzrak Abdessalam et Salama Ahmed Salama de former des personnes dans la fabrication des armes et des explosifs, dans l’utilisation des moyens de communication électroniques et sans fil ainsi que dans les techniques de combat.

Le tribunal a aussi inculpé Mohab Mostafa et Walid Abou Al Majd avec le kamikaze Mahmoud Chafiq Mohammed Mostafa pour avoir planifié l’attentat de l’église de Saint-Pierre.

Selon le tribunal, Amrou Saâd Abass et Walid Abou Al-Majd ont reçu de l’accusé Houssem Nabil un engin explosif qui contient cinq kilogrammes de nitrate d’ammonium.

Selon le mouvement des socialistes révolutionnaires égyptiens, l’Égypte a enregistré le plus grand nombre d’exécutions dans son histoire dans les 4 dernières années.

Le mouvement souligne qu’entre le 7 mars 2015 et le 20 février 2019, les autorités ont exécuté 47 opposants sans notification préalable. De plus, 59 personnes sont en attente d’exécution après être passées par tous les stades de procédure.

Le bureau de l’ONU des droits de l’Homme a affirmé qu’il a reçu des rapports inquiétants concernant la condamnation de personnes en l’absence d’un processus juridique approprié.

Le bureau a exhorté les autorités égyptiennes à arrêter toutes les exécutions et réviser les affaires qui concernent les peines de mort afin de s’aligner avec les obligations internationales de l’Égypte en matière des droits de l’Homme, en appelant également les même autorités à mener des investigations crédibles, indépendantes et objectives à propos des allégations de tortures.

Par ailleurs, le journal britannique  » The Times  » a révélé que plus de 2400 opposants ont été condamnés à mort en Égypte depuis qu’al-Sissi a pris le pouvoir en soulignant que la forte augmentation du nombre d’exécutions représente une crise au niveau de la situation des droits de l’Homme. Cette pratique entre selon le même journal dans le cadre de la campagne répressive qu’al-Sissi mène contre ses opposants.

Quitter la version mobile