mardi, mai 11, 2021

Human Rights Watch: Israël commet des crimes d’apartheid et de persécution contre les Palestiniens

Human Rights Watch a accusé, mardi, Israël de crimes de guerre contre les Palestiniens.

Dans un rapport, dont une copie a été envoyée à l’Agence Anadolu, l’organisation a déclaré que les autorités israéliennes « mènent une politique d’apartheid et de persécution dans les territoires palestiniens ».

« Ces résultats sont basés sur la politique globale du gouvernement israélien visant à maintenir une domination délibérée des juifs israéliens, sur les Palestiniens, et les graves violations commises contre les Palestiniens vivant dans les territoires occupés, y compris à Jérusalem-Est », a ajouté l’ONG.

« Depuis des années, des voix éminentes ont averti du risque d’apartheid si la domination d’Israël sur les Palestiniens se poursuivait », a déclaré Kenneth Roth, le Directeur exécutif de Human Rights Watch. « Cette étude détaillée révèle que les autorités israéliennes ont déjà franchi ce seuil et commettent aujourd’hui des crimes d’apartheid et de persécution ».

Le rapport de 204 pages, intitulé « Un seuil franchi : Les autorités israéliennes et les crimes d’apartheid et de persécution », examine le traitement réservé aux Palestiniens par Israël.

Le rapport présente la réalité actuelle d’une autorité unique, le gouvernement israélien, qui exerce le principal pouvoir sur la zone située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée, habitée par deux groupes de population de taille à peu près égale, et qui privilégie méthodiquement les Israéliens juifs tout en réprimant les Palestiniens, d’une manière particulièrement sévère dans le territoire occupé.

Et d’ajouter: « Les conséquences d’apartheid et la persécution ne changent rien au statut juridique des territoires occupés, qui comprennent la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza, ni à la réalité de l’occupation ».

Human Rights Watch a également constaté que « les éléments constitutifs de ces crimes ont été signalés dans le Territoire palestinien occupé, dans le cadre d’une politique gouvernementale israélienne unique ».

« Cette politique consiste à maintenir la domination des Israéliens juifs sur les Palestiniens sur tout le territoire d’Israël et dans les territoires occupés. Elle s’accompagne, dans les territoires occupés, d’une oppression systématique et d’actes inhumains à l’encontre des Palestiniens qui y vivent », indique le rapport.

Selon le rapport, en Israël et dans les territoires occupés, les autorités israéliennes ont cherché à augmenter le nombre des terres disponibles pour les juifs et à regrouper la plupart des Palestiniens dans des zones surpeuplés.

À Jérusalem, par exemple, le plan du gouvernement pour la municipalité, tant dans l’ouest de la ville que dans la partie occupée dans l’est, a pour objectif de « maintenir une solide majorité juive dans la ville » et précise même les ratios démographiques que le gouvernement souhaite maintenir.

Le rapport a également fait état du grand nombre de violations, à savoir le refus catégorique d’octroyer des autorisations de construction aux Palestiniens et la démolition de milliers de maisons sous prétexte de l’absence de permis, sans aucune justification sécuritaire.

« Refuser à des millions de Palestiniens leurs droits fondamentaux, sans justification sécuritaire légitime et uniquement parce qu’ils sont palestiniens et non-juifs, n’est pas simplement une question d’occupation abusive », a déclaré Kenneth Roth. « Ces politiques, qui accordent aux Israéliens juifs les mêmes droits et privilèges où qu’ils vivent et discriminent les Palestiniens à des degrés divers où qu’ils vivent, reflètent une volonté de privilégier un peuple au détriment d’un autre. »

Human Rights Watch a estimé que « le bureau du procureur de la Cour pénale internationale devrait enquêter et poursuivre les responsables d’apartheid et de la persécution ».

« Les autres pays devraient également le faire, conformément à leur législation nationale en vertu du principe de compétence universelle et imposer des sanctions individuelles, y compris des interdictions de voyager et un gel des avoirs, aux fonctionnaires responsables de ces crimes », a déclaré l’ONG.

Et Human Rights Watch de poursuivre : « Les gouvernements devraient conditionner les ventes d’armes et l’assistance militaire et sécuritaire à Israël par des mesures concrètes et vérifiables en vue de mettre fin à ces crimes ».

Toujours d’après le rapport, « ces pays devraient ainsi examiner les accords, programmes de coopération et toutes les formes existantes de commerce avec Israël pour identifier ceux qui contribuent directement à la perpétuation des crimes, afin d’atténuer leurs incidences sur les droits humains et, lorsque cela n’est pas possible, mettre fin aux activités et aux modes de financement qui facilitent ces graves violations ».

« Tandis qu’une grande partie de la communauté internationale considère l’occupation israélienne ancrée depuis un demi-siècle comme une situation temporaire et qu’un ‘‘processus de paix’’ datant de plusieurs décennies résoudra bientôt la situation, l’oppression des Palestiniens dans la région a franchi un seuil et un degré de permanence qui correspondent aux définitions des crimes d’apartheid et de persécution », a précisé Kenneth Roth.

« Celles et ceux qui luttent pour la paix israélo-palestinienne, qu’elle prenne la forme d’une solution à un ou à deux États ou d’une confédération, devraient entre temps reconnaître cette réalité pour ce qu’elle est, et mettre en œuvre les instruments relatifs aux droits humains nécessaires pour y mettre fin », a-t-il conclu.

Israël a occupé la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la Bande de Gaza, en 1967 et depuis refuse la création d’un État palestinien indépendant.

Selon les données du mouvement israélien de défense des droits humains « La Paix Maintenant », 661 000 colons israéliens, 132 grandes colonies et 124 foyers de colonies anarchiques (non-autorisés par le gouvernement israélien) sont répartis en Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Il convient de rappeler que le processus de paix entre les parties palestinienne et israélienne est gelé depuis plusieurs années, en raison du refus d’Israël d’accepter le principe de la « solution à deux États ».

SourceAgences

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