mardi, novembre 24, 2020

Indonésie : l’EI revendique l’attentat qui a visé le ministre de la Sécurité

Après l’attaque au cœur de la préfecture de police à Paris, c’est en Indonésie que le groupe État islamique a de nouveau frappé. Sa cible ? Rien de moins que le ministre indonésien à la Sécurité, Wiranto, qui a été grièvement blessé jeudi par deux attaquants dans un assaut sans précédent. L’ex-général de 72 ans a été attaqué par un homme armé d’un couteau, qui lui a infligé deux graves blessures, et par une femme, après une visite dans une université à Pandeglang, à l’ouest de l’île de Java. « Nous avons été capables de déterminer que les attaquants sont des membres de l’organisation Jamaah Ansharut Daulah (JAD) », liée au groupe État islamique (EI), a indiqué à des journalistes le chef des services de renseignements, Budi Gunawan. « Ces groupes essayent de créer une déstabilisation », a-t-il accusé.

Les auteurs de l’attaque ont été identifiés comme Syahril Alamsyah, un homme de 31 ans, et Fitri Andriana, une femme de 21 ans, qui forment un couple marié, selon les médias locaux. Wiranto, qui, comme de nombreux Indonésiens, n’a qu’un nom, a été transféré dans un hôpital militaire de Djakarta par hélicoptère. « Monsieur Wiranto est conscient, mais doit subir une intervention chirurgicale », a indiqué le président, Joko Widodo, demandant aux Indonésiens leur aide « pour lutter ensemble contre le radicalisme et le terrorisme ».

Perturber l’inauguration du second mandat présidentiel

Cette attaque intervient une semaine avant la cérémonie d’investiture du président indonésien réélu en avril pour un second mandat à la tête du plus grand pays musulman du monde. Trois autres personnes, un chef de la police locale et deux aides, ont été blessées dans l’attaque, mais moins grièvement.

Selon Madrohim, un témoin de l’attaque, la jeune femme impliquée dans l’attaque était couverte d’un niqab sombre couvrant son visage. « Quand la voiture [de Wiranto] s’est arrêtée, il y avait des gens qui formaient un cercle, qui le protégeaient. » « Mais un homme s’est faufilé dans le cercle et a frappé Wiranto avec un couteau. La femme a aussi essayé. Il a été arrêté et la femme s’est battue avec la police », a raconté ce témoin à un journaliste de l’AFP. Les attaquants ont été précipités sur le sol par des policiers après l’attaque, selon des images diffusées par les chaînes de télévision. Puis ils ont été arrêtés et interrogés.

La police avait indiqué en mai dernier que Wiranto et trois autres hauts responsables avaient été la cible d’un complot en vue d’un assassinat, alors que des émeutes meurtrières secouaient la capitale Djakarta après l’annonce de la réélection de Joko Widodo. Un groupe de six personnes avait été arrêté avant de passer à l’acte, selon la police qui avait dénoncé une tentative de déstabilisation du pays. Les renseignements ont détecté plusieurs tentatives du mouvement extrémiste islamiste Jamaah Ansharut Daulah (JAD) destinées à perturber l’inauguration du second mandat de Joko Widodo le 20 octobre, selon le chef des services, Budi Gunawan.

Des séries d’attaques

Le JAD, qui a prêté allégeance au groupe djihadiste État islamique (EI), s’est fait connaître en janvier 2016 par des attaques armées et des attentats suicides à Djakarta dans lesquels quatre civils avaient péri, de même que quatre assaillants. En mai 2018, le groupe a orchestré une série d’attentats contre des églises à Surabaya, la deuxième ville d’Indonésie dans l’est de l’île de Java, qui a tué une vingtaine de personnes, dont des auteurs. Ces attaques avaient marqué particulièrement les esprits, car des familles entières, dont deux filles de 9 et 12 ans, avaient été impliquées dans les attentats kamikazes.

Wiranto, ancien commandant en chef de l’armée, a commencé sa carrière militaire sous l’ex-dictateur Suharto et est devenu une figure omniprésente dans la politique indonésienne, enchaînant plusieurs portefeuilles ministériels clés. Candidat malheureux à deux reprises à l’élection présidentielle, il est accusé par les organisations de défense des droits humains de crimes contre l’humanité dans les massacres qui ont suivi le référendum d’indépendance du Timor oriental en 1999, mais il n’a jamais été jugé.

SourceLe Point

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