lundi, novembre 30, 2020

Irak : Le sud se révolte contre un gouvernement « corrompu »

Courrier arabe

Des activistes irakiens ont annoncé, aujourd’hui, les détails des protestations estivales prévues prochainement au sud du pays, à l’exemple de celles organisées l’année passée, demandant la fourniture des besoins et des services publics de base ainsi que le jugement des responsables corrompus estimant qu’ils étaient à l’origine de la misère du peuple.

Depuis des mois, les activistes appellent sur les réseaux sociaux à renouveler «la révolution de la colère», Nakib Laabi un militant de Bassora a affirmé, selon le journal local «Nas News», que «des plans œuvraient à unifier les contestations de cette année», notant que les appels ont commencé à se lancer à partir de Bassora, vers toutes les régions du sud, pour s’étendre dans tout le pays.

Haydar Al-Saadi, le membre du conseil de Bassora, a affirmé, au journal arabe «Al-Kaleej Online» que le conseil se préparait à interroger le gouverneur de Bassora, comme procédure initiale à sa destitution, affirmant que la colère de la population annonce de grandes protestations.

Bassora «richesse sous la terre, pauvreté sur terre»

Les habitants souffrent de coupures permanentes d’électricité depuis des années et alors qu’à Bagdad ils ne bénéficient que de 10 heures par jours, au sud le taux d’alimentation électrique est bien plus inférieure.

La coupure d’électricité engendre un manque considérable en eau potable, une crise qui s’accentue en été, et en plus de la chute des secteurs sanitaire et éducatif, le taux de pauvreté et de chômage est en constante augmentation ce qui fit de la ville des 4 millions d’irakiens un lieu propice aux vols et aux agressions armées.

De ce fait, la misère est au quotidien des citoyens de Bassora, bien que la ville -qui constitue le plus grand district du sud du pays- soit l’une des riches régions au monde avec ses 15 puits de pétrole et les 40% de production nationale fournie.

Une année avant..

Les protestations de l’année dernières ont commencé au sud pour se propager rapidement dans tout le pays et atteindre la capitale Bagdad, où les manifestants ont failli abolir le régime installé par les américains depuis 2003, après la chute de Saddam Hussein.

Elles ont pris fin en septembre lors d’une compagne menée par des milices fidèles à l’Iran contre les chefs organisateurs où certains ont été assassinés et beaucoup d’autres interpelés sans aucune nouvelle.

La compagne fut lancée après que des manifestants avaient attaqué le consulat iranien à Bassora, brûlant et saccageant une grande partie de l’immeuble, ce qui représenta une menace pour les iraniens.

Des mises en gardes de l’ONU

La représentante spéciale pour l’Irak du secrétaire générale des Nations Unies «Jeanine Plasschaert» a mis le gouvernement irakien en garde contre une nouvelle vague de manifestations, notant que la colère populaire risque de s’éclater au sud.

Elle signala, dans un rapport fourni au Conseil de sécurité internationale, «à cause de la coupure d’eau en Irak, la situation humanitaire risque de s’aggraver», soulignant que le gouvernement irakien devra choisir entre «résoudre le problème ou faire face à une crise populaire incontrôlable».

Le rapport de Jeanine Plasschaert a aussi évoqué la corruption flagrante dans les institutions irakiennes, exploitables dans des pratiques criminelles et illégales, qui alimentent les conflits entre les partis politiques et les milices armées hors contrôle, menaçant le futur économique et social du pays.

En rappel, l’année dernière, la population à Bassora, chiite en grande majorité, marginalisée et privée des services de base, a décidé de se révolter le 8 juillet, le mouvement social proclamât la fourniture des services de base et la distribution de l’eau.

Pour faire taire les contestants, les autorités irakiennes ont distribué une eau polluée qui a conduit plus de 20 mille personnes à l’hôpital, enflammant la colère populaire par un tel geste, la police a dû recourir à la force pour contrôler la situation chaotique à l’époque, le bilan était à plusieurs centaines de morts, un fiasco humanitaire, que les ONG espèrent éviter cette année.

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