samedi, janvier 29, 2022

La France a besoin de plus d’immigrés qualifiés (Rapport)

Un rapport publié mardi estime que « pour plus de croissance il faut plus d’immigrés qualifiés ». En effet, le Conseil d’Analyse Économique (CAE) rattaché au premier ministre français, a publié sa 67ème note pour le mois de novembre et se penche cette fois sur la question de l’immigration en France.

Selon ce rapport, « le volume de l’immigration en France est faible par rapport aux pays de l’OCDE » puisque « le flux annuel des immigrés permanents entrant en France en 2019 est de 292 000 personnes, soit 0,41 % de sa population ».

Ainsi, le CAE regrette que ce nombre soit relativement faible, « comparé aux autres pays de l’Union européenne et de l’OCDE qui ont une moyenne de 0,85 % ».

La population immigrée en France, telle que mesurée par l’OCDE, s’élève donc à 8,4 millions et représente 12,8 % de la population française en 2019. Le rapport compare ce chiffre aux Etats-Unis qui ont 13,6 % d’immigrés, 13,7 % pour le Royaume-Uni, 16,1 % en Allemagne, 19,5 % en Suède et 21 % au Canada.

« Par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE, et à celle de nos principaux concurrents européens, la France est donc un pays de faible immigration », s’alarme le Conseil.

En se basant sur les études de l’INSEE, le CAE rappelle aussi qu’en 2020, « 37,8 % des immigrés avaient un niveau scolaire égal ou inférieur au brevet des collèges, contre 18,9 % chez les natifs ».

Autre élément d’analyse qui dérange le Conseil, c’est son manque de « diversité du point de vue des origines géographiques ». En effet, selon le rapport, « certains pays de naissance sont surreprésentés dans l’immigration française : en 2020, 70 % des immigrés non européens résidant en France sont nés sur le continent africain (dont près des deux tiers au Maghreb) ».

Immigration peu qualifiée

En plus de sa faiblesse en nombre, le rapport estime que « l’immigration en France est, comparativement à celle des autres pays de l’OCDE, peu qualifiée, peu diversifiée et peu nombreuse ».

Pourtant, le CAE souhaite voir plus d’immigrés puisque « une somme considérable d’études économiques démontre les bienfaits d’une immigration de travail qualifiée et diversifiée en matière d’innovation, l’entrepreneuriat, d’insertion dans l’économie mondiale via le commerce, les flux de capitaux et la circulation des savoirs productifs, et, in fine, de croissance de la productivité ».

« Avec une immigration repliée sur celle des droits familiaux et humanitaires, la France n’exploite pas ces opportunités », regrette encore le rapport.

Se plaignant que « le débat public sur l’immigration soit dominé par les questions identitaires et sécuritaires », le CAE souhaite « promouvoir l’immigration de travail en France, et plus particulièrement l’immigration qualifiée ».

« Ainsi, pour répondre efficacement aux besoins du marché du travail à court terme, nous recommandons de poursuivre les efforts destinés à numériser, centraliser et systématiser le traitement des demandes de visa de travail émanant des entreprises avec des critères d’admissibilité clairs et prévisibles dans le cadre des métiers dits ‘en tension’ », suggère le conseil.

Par ailleurs, il souhaite « une évaluation du dispositif [passeport talent] afin d’en identifier les faiblesses et d’intensifier son octroi tout en évaluant la qualité des diplômes étrangers et en ciblant certains pays qui ont un excédent de jeunes diplômés et sont peu représentés dans notre immigration ».

Les étudiants étrangers

Le CAE estime qu’il faudra « également intensifier les efforts d’attractivité à destination des étudiants étrangers et de faciliter la transition études-emploi en fluidifiant et en étendant l’octroi d’un titre de séjour à l’issue des études, notamment des très qualifiés, sans y adjoindre des critères de salaire minimum, ni d’adéquation du travail aux qualifications. »

Enfin, le CAE souhaite également « la mise en place d’une politique d’immigration en France à travers l’introduction d’un système clair et prévisible, inspiré des « systèmes à points » qui ont fait leur preuve ailleurs, notamment au Canada ».

Autre phénomène analysé, le manque de diversité géographique de l’immigration. Certains pays, pourtant pourvoyeurs de jeunes talents, sont peu ou pas représentés en France.

SourceAgences

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