L’Égypte tente de renouer avec l’Arabie saoudite, après un désaccord remontant à la crise du Golfe

Courrier arabe

Des sources diplomatiques ont signalé que «des communications étaient en cours entre l’Égypte et l’Arabie saoudite, après un long silence radio à l’ombre de la crise du Golfe», indiquant que «les deux parties tentaient de renouveler leur coordination dans plusieurs domaines».

Les sources ont raconté au journal al-Araby al-Jadeed que «les principales raisons à l’origine des désaccords entre Riyad et le Caire étaient liées à la diversité des opinions adoptées par le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi d’un côté et la direction saoudienne de l’autre, au sujet de la crise du Golfe et du futur des relations avec le Qatar».

«Le Caire dispose d’informations, qu’elle a obtenues auprès des Emirats arabes unis (EAU), concernant des communications avancées pour résoudre certaines crises compliquées», avaient-elles ajouté, en précisant «que le Caire ignorait les communications car elle estime qu’elles concernent la stabilité du Golfe, soit une affaire qui ne la concerne pas».

Elles ajoutent : «Bien que des conflits opposent al-Sissi et les dirigeants des EAU, au sujet de plusieurs affaires concernant l’Égypte, notamment celles liées à l’économie, les deux parties sont d’accord concernant la crise du Golfe, et s’opposent à l’Arabie saoudite qui avance seule vers la résolution de la crise sous la médiation américaine».

Toutefois, les sources ont expliqué que «pour al-Sissi, le fait que les relations avec Doha reviennent comme elles étaient avant leur coupure, le 5 juin 2017, ne l’arrangeait pas, car à l’époque les relations qataro-égyptiennes étaient déjà déstabilisées, et ce à l’ombre du coup d’Etat militaire qui avait renversé le président Mohammed Morsi».

«Cependant, les personnalités économique proches du gouvernement estiment que la prolongation de la rupture avec le Qatar approfondissait les pertes au niveau des investissements égyptiens, précisément du moment que le flux des capitaux saoudiens, émiratis et koweitiens n’avancent pas comme prévu, depuis déjà 5 ans», avaient-ajouté les sources.

Les défis auxquels sont confrontés les relations égypto-saoudiennes

Les sources signalent également que «loin de la crise du Golfe, les relations qui lient Riyad et le Caire sont confrontés à plusieurs défis, principalement ceux à caractère économique».

«Plusieurs projets annoncés lors de la visite du roi saoudien en Égypte, en 2016, et celle du prince héritier Mohammed ben Salmane, en 2018, n’ont toujours pas été lancés», avaient-elles souligné, en affirmant que «les réunions des commissions formés pour suivre l’exécution des projets avaient toutes été suspendues».

Elles ajoutent : «Aussi, parmi les défis que les deux parties peinent à résoudre, la question de la part de pétrole brut que la compagnie saoudienne Aramco devra réserver pour l’Égypte, car l’accord actuellement applicable rendra fin en 2021 », signalant que «le Caire avait conclu des accords avec Bagdad, pour éviter le scénario lors duquel Riyad avait coupé le ravitaillement à cause des complications juridiques entre les deux pays».

Toutefois, rien ne semble clair concernant la position de l’Égypte, au moment au l’Arabie saoudite reste silencieuse, sans lancer de commentaires officiels.

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