mardi, décembre 1, 2020

Les soldats américains quittent le nord de la Syrie

Sous la pression de l’offensive de la Turquie, Donald Trump a ordonné le retrait de la quasi-totalité des forces spéciales américaines du nord-est de la Syrie, dimanche 13 octobre. Le secrétaire à la défense, Mark Esper, en a fait l’annonce alors que le président des Etats-Unis se rendait à son club de golf de Virginie. Seules quelques forces pourraient être maintenues à la frontière avec l’Irak, au sud, à Al-Tanaf.

Donald Trump avait commenté la situation en début de matinée sur son compte Twitter, présentant comme un retrait mûrement réfléchi ce qui ressemblait plutôt, sur le terrain, à une débandade. « Les Kurdes et la Turquie se battent depuis de nombreuses années. La Turquie considère le PKK [lié aux Kurdes syriens] comme les pires des terroristes. D’autres voudront peut-être intervenir et se battre pour un camp ou pour un autre. Laissons-les faire ! Nous surveillons la situation de près. Guerres sans fin ! », avait-il écrit comme pour se laver les mains de l’affrontement en cours entre l’armée turque et les alliés kurdes des Etats-Unis contre l’organisation Etat islamique.

Faute d’avoir indiqué des lignes rouges à son allié turc lors d’une conversation téléphonique avec son homologue Recep Tayyip Erdogan, une semaine plus tôt, Donald Trump avait placé les forces américaines dans une situation qui s’est rapidement avérée impossible. Alors qu’un haut responsable avait tenu à assurer, lundi, qu’un retrait total des forces spéciales américaines n’était pas d’actualité, la pression militaire n’a cessé d’augmenter. Vendredi, le Pentagone avait même dû protester contre des tirs d’artillerie turcs jugés délibérés près de l’une de leurs positions. Interrogé, le président des Etats-Unis avait éludé.

Donald Trump a tranché en solitaire, indifférent aux conséquences du feu vert adressé, en dépit de ses dénégations officielles, à Recep Tayyip Erdogan

Pris de court, les Etats-Unis ont paré au plus pressé, sans être en mesure d’obtenir la moindre garantie sur le sort de djihadistes détenus par leurs alliés kurdes. Selon le New York Times, l’avancée rapide des troupes turques les a empêchés notamment de transférer en lieu sûr une soixantaine de détenus considérés comme particulièrement dangereux.

SourceLe Monde

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