samedi, novembre 28, 2020

MEE: les interventions militaires émiraties dans la région n’ont causé que des désastres

Courrier arabe

Le «Middle East Eye» a publié un article de Bill Law, le journaliste qui fut le premier à couvrir la révolution en Iraq après l’invasion de 2003, où il déclare que les interventions militaires émiraties, dans les pays arabes, n’ont causé que des désastres sans jamais apporté la stabilité prétendue.

L’entrée en jeu

L’auteur commence en racontant que les Émirats arabe unis (EAU) avaient partagé des missions aériennes avec les forces américaines contre les Talibans, et avaient pu obtenir le respect des États-Unis quand ils envoyèrent 1200 soldats en Afghanistan, qui y été restés jusqu’en 2014.

Il continue en expliquant qu’avec le désarroi du printemps arabe, qui affecta la Syrie et la Libye, le prince héritier des EAU Mohamed Ben Zayed avait envoyé des avions en Libye, et en même temps, fourni des armes, dont la plupart furent acheté des États-Unis, aux milices armées de la résistance en Syrie et en 2015, en alliance avec le prince héritier de l’Arabie saoudite, il lance la guerre au Yémen.

Yémen, le mirage  

Bill Law précise que «malgré les premiers exploits des émiratis, au sud yéménite, y compris la libération du port d’Aden de l’emprise des Houthis, et du port d’Al-Makla de celle d’Al-Qaida, la guerre, qui se poursuit depuis quatre ans, a imprimé un chamboulement totale dans la vie des habitants du plus pauvre des pays arabes».

L’auteur souligne que «les choses seraient peut-être moins pires si les émiratis avaient accepté de collaborer avec le Conseil transitionnel au sud yéménite, représentant le mouvement séparatif, qui proclame depuis 1990 la séparation du nord et du sud du pays, et auraient entrainé des milices armées».

Il évoque aussi le cessez-le-feu fragile, que l’envoyé des Nations Unies été parvenu à imposer à Al-Hadida, et affirme que les combats ont toujours lieu à Taaz, où le Houthis avaient pu progresser et contrôler une zone importante de la région.

«La situation au Yémen représente un point mort, où la coalition arabe semble n’avoir aucune stratégie pour sortir de la guerre, à l’intérieur de laquelle elle s’est placée sans réfléchir aux conséquences, et à partir de faux pronostiques», ajouta-t-il.

Law estima qu’«après quatre ans de guerre, le nombre de victimes ne cesse de s’élever, frôlant actuellement les 50 mille, en plus des millions menacés de famines, les émiratis sembles avoir beaucoup à dire, au sujet d’une aventure militaire blindée d’échecs».

Libye, la fausse gloire

L’auteur note que durant la même période, les émiratis, en collaboration avec l’Égypte, œuvraient à soutenir le rebelle Khalifa Haftar, et commencèrent à le financer depuis 2014, en équipant ses milices, pour tenter de destituer le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnue par la communauté internationale.

Il explique: «lors de son offensive menée depuis le 4 avril contre Tripoli, Haftar et ses alliés estimèrent que le GNA se rendrait rapidement, mais après un mois de combats, aucune victoire n’est criée, et comme au Yémen, le conflit est entré dans une phase de gèle, qui n’est pas en faveur du rebelle», et encore une fois, selon l’auteur, les EAU se sont placés dans une situation sans issu.

Soudan, le rachat

Bill Law estime que le Soudan sera la prochaine cible des émiratis, où après la destitution d’Omar El-Béchir, ils tentent avec l’Arabie saoudite à renforcer le contrôle du Conseil militaire transitionnel, pour maintenir le régime dictateur dans le pays.

Malgré leurs engagements à payer des milliards pour restaurer l’économie du pays, l’auteur affirme que «les manifestants ne veulent pas des subventions émiraties, et ne font pas confiance à l’armée», en ajoutant que les Soudanais continuent à proclamer un Conseil civil et rejettent toutes interventions étrangères.

«Qu’arrivera-t-il au pays, si la stabilité sera menacée, les émiratis ferons encore une fois usage des armes, ou ont-ils retenu les leçons du Yémen et de la Libye ?», se demanda Law, vers la fin de son article, avant de finir par prier «qu’il n’arrivera pas au Soudan, ce qui est arrivé aux autres».

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