Soudan: Un mort et plusieurs blessés, la contestation redoute un massacre barbare

Courrier arabe

Les violences se sont renouvelées samedi soir à Khartoum, aux alentours de la place de contestation, faisant un mort et plusieurs blessés lorsque les forces de l’ordre tentaient de boucler le passage qui mène à la «Rue du Nil», dans un temps où l’Association de professionnel soudanais (APS) a mis en garde contre «un massacre barbare» qui vise à disperser les manifestants par la force.

Le comité des médecins soudanais a déclaré que 11 personnes, tous des contestants, étaient blessées suite à des tirs de balles réelles, pour ensuite annoncer le décès de l’un d’eux.

Les débuts des troubles 

Ceci vient après les déclarations du chef de la région militaire centrale de Khartoum, qui affirmait que «le sit-in de Khartoum représente une menace pour le pays et pour sa sécurité nationale», affirmant que ses forces interviendront si nécessaire pour y mettre fin.

De ce fait, les forces de l’armée soudanaise, ceux du soutien rapide, et les forces de l’ordre tentaient de bloquer la Rue du Nil pour appliquer un plan de sécurité qui vise à cerner la place du sit-in, mais les contestants ont refusé la pose des barrières et sont entrer avec eux en conflit.

Suite à ces événements, l’APS, dans un communiqué, a déclaré que c’était «un plan militaire vise à disperser les contestants de force», estimant que l’usage des balles réelles est le début d’un massacre barbare qui vise à disperser les manifestants.

Le mouvement a accusé le Conseil militaire transitionnel de «faire des négociations un moyen de diversion» alors qu’à l’ombre les militaires cherchent à mettre fin au sit-in, il ajouta que l’interdiction des chaînes télévisées de couvrir la réalité à la place de contestation «représente une menace pour la place», et a appelé les contestants à être vigilants.

Les voix s’élèvent 

Alors que la majorité du monde a préféré garder le silence au sujet soudanais, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, avait invité, hier, le Conseil militaire et les chefs de la contestation à reprendre les négociations et à travailler pour atteindre un accord final qui assure une transition rapide du pouvoir aux civils.

Il appela aussi à respecter les droits de l’homme, y compris le droit de la liberté du rassemblement et de l’expression, et à lever les obstacles imposés aux médias et aux journalistes.

De sa part, un membre des Forces de la Liberté et du Changement avait annoncé que les négociations avec les militaires, suspendues depuis plus d’une semaine, reprendrons dans les heures à venir, affirmant que le mouvement insiste sur ses conditions et proclame toujours un Conseil souverain avec une présidence civile et une représentation militaire limitée.

Un marathon que se relance avec les militaires qui assurèrent n’avoir aucune intention de gouverner le pays, et qui sont actuellement prêts à tout faire pour garder le trône du pouvoir, soutenus par l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, le jeu commence à devenir dangereux.

Et bien que la contestation affirme maintenir ses positions, le danger qui menace la révolution soudanaise se tisse dans l’ombre et plus que le peuple ne l’imagine, les métastases risques d’être graves et incontrôlables.

Quitter la version mobile