jeudi, décembre 3, 2020

Soudan: Une journaliste française arrêtée après la publication de son article critiquant les menaces envers le sit-in à Khartoum

Courrier arabe

Les forces du ِConseil militaire de transition au Soudan auraient arrêté la journaliste française Gwenaëlle Lenoir dans la ville de Atbara, après la publication d’un article sur le site du journal electronique « Orient XXI » critiquant la situation dans ce pays, tandis que le directeur du journal Alain Gresh a appelé les autorités françaises à intervenir pour la libérer.

Dans son article publié sous le titre « À « Qiyadah », l’utopie d’un nouveau Soudan« , La journaliste a noté que les menaces envers cette manifestation étaient claires vu le nombre important d’installations militaires chargées de lance-missiles et d’autres armes lourdes un peu partout sur la place, qui appartenaient aux forces du renfort rapide commandées par Mohamed Hamdan Dagalo (Hamidati), et dont plusieurs membres ont participé à des accidents dangereux ces derniers jours.

La journaliste disait que depuis des mois les citoyens soudanais protestent partout dans le pays contre le Conseil militaire de transition et pour l’établissement d’un gouvernement civil, et que des milliers de protestants se trouvaient dans la capitale et se préparaient à la réalisation de ce but, pendant ce temps la contre révolution s’organisait elle aussi.

Elle à également était impressionné par la propreté de la place des protestations, que les enfants nettoyaient chaque soir, dans un petit spectacle ressemblant aux exhibitions militaires, déclarant aussi que les manifestants étaient décidés à rester jusqu’à l’établissement d’un gouvernement civil.

Abdallah Jaber, un des leaders de la révolution, entrepreneur qui a grandi en Arabie Saoudite, revenu dans son pays depuis quelques années, à déclaré qu’ils voulaient reprendre leur pays, un pays propre, et qui donnera une bonne image de nous.

La journaliste a également noté que les manifestants accueillaient chaque personne avec le sourire, et fouillaient minutieusement à chaque barrage recherchant toutes éventuelles armes, prouvant ainsi leur volonté de garder la manifestation pacifique, loin des provocations organisées par les officiers du pouvoir habillés en civil.

Moumen Ahmed Abbas, 28 ans, un des leaders de la manifestation, a déclaré que plus de 1000 personnes ont été interpellées et remises à l’armée depuis le début de la manifestation.

Gwenaelle Lenoir à été impressionnée par l’organisation de cette manifestation dans la ville, avec des repas distribués chaque jour gratuitement à toutes les personnes présentes, un générateur électrique géré par une équipe d’ingénieurs électriques, des journalistes et cameramens couvrant l’événement sur la page Facebook de la manifestation, ainsi que 7 cliniques et une pharmacie centrale travaillant 24h/24, que les soudanais fournissent en médicaments régulièrement et gratuitement.

La journaliste rapporte que selon l’ingénieur Abd Allah Jaber, tout cela coûte environ 48000 euros chaque jour, financées par des dons d’entreprises et de particuliers, car le peuple a trop souffert de ce régime pendant trop longtemps.

Haitham Bella Said rappelle que l’ancien régime corrompu était très mauvais pour les investissements, qu’à cause de lui le pays a subi des sanctions internationales en 2018, ce qui explique l’engouement de la diaspora soudanaise et des entreprises pour financer cette révolution.

La journaliste a rapporté qu’avant la révolution tout diplômé soudanais pensait à l’émigration, mais que la révolution a rendu l’espoir à la nouvelle génération, les jeunes de Darfour sont également venus à Khartoum pour manifester, afin d’obtenir un changement concret pour un pays plus équitable, sans racisme ou discrimination, et tous les manifestants s’accordent sur la justice, les responsables doivent être jugés selon eux pour leurs crimes, même si la priorité est l’établissement d’un gouvernement civil.

La journaliste a conclu, dans son article, que des milliers de soudanais passaient la nuit dehors à quelques mètres de la porte du siège du Conseil, répétant sans cesse aux forces armées qu’ils ne vendraient pas le sang des martyrs, se référant aux nombreuses victimes tuées et blessées lors des dérapages qui ont eu lieu les jours précédents.

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